Droits à la Santé sexuelle et reproductive : Ipas outille une vingtaine de juristes sur l’avortement sécurisé

Patrice SOKEGBE 5 août 2021

Améliorer la perception des acteurs du monde judiciaire béninois sur les questions de droits à la santé sexuelle et reproductive, notamment l’avortement sécurisé. En vue d’atteindre cet objectif de portée majeure, Ipas tient du 4 au 6 août 2021 à Diaspora Hôtel de Ouidah un atelier sur la Clarification des valeurs et transformations des Attitudes (Cvta) et le cadre légal avec les juristes : Protocole de Maputo (2ème phase). Pour l’Assistante Programme Afrique francophone de Ipas, Merveille Ayihounton, cet atelier vise spécifiquement à renforcer les connaissances de ces acteurs clés sur les dispositions légales en matière de santé sexuelle et reproductive aux plans national, régional et international, à sensibiliser sur les droits à la santé sexuelle et de la reproduction dans l’optique de la mise en œuvre du plan d’actions de Maputo, notamment l’avortement sécurisé au regard des valeurs, croyances, attitudes et autres. A l’occasion, plusieurs thématiques ont été débattues. Il s’agit entre autres des : « Droits de la santé sexuelle et reproductive : état des lieux au Bénin. Environnement en matière d’accès aux services de santé adaptés aux jeunes », animé par Gloire Ayetolou. De cet exposé, il ressort que, selon la Stratégie nationale Multisectorielle de la Santé Sexuelle et de la Reproduction des adolescent(e)s et des jeunes 2018-2022, la prévalence de grossesses précoces et non désirées est de 18,8% avec pour conséquences 274 222 grossesses par an, 73 321 avortements provoqués, de 68 922 avortements spontanés, de 14 664 grossesses à terme avec enfant mort-né et 1 cas de mortalité maternelle sur 5 chez une mère célibataire de moins de 18 ans.

Ces chiffres font froid dans le dos et nécessitent que les acteurs s’y attardent. A l’en croire, nombreux sont les défis liés à l’avortement au Bénin. Il s’agit de la législation, de la Promotion de services d’avortement, du coût des services d’avortement, du manque de matériels de formation sur l’avortement pour les jeunes, de la montée en puissance des mouvements anti-choix, des craintes de stigmatisation et de violence de la part des prestataires. A ce titre, cet atelier vient à point nommé d’autant plus qu’il permettra aux acteurs judiciaires de crever l’abcès et d’y apporter des solutions.
D’autres thématiques suivies d’exercices amusants ont également enrichi l’atelier. Il s’agit entre autres des « Dispositions légales internes au Bénin en matière de SSR (Dispositions juridiques et engagements internationaux), « Réflexion sur le protocole de Maputo et implications (Plan d’actions de Maputo », « Analyse de gap et actions nécessaires pour le respect du protocole de Maputo (Plan d’actions) au niveau de la communauté des juristes » et autres. Au terme de ces 3 jours d’intenses travaux, sortiront des recommandations pouvant favoriser une bonne application du protocole de Maputo.





Dans la même rubrique