E-learning dans l’enseignement supérieur : Le Covid force la main aux universités béninoises

Fulbert ADJIMEHOSSOU 5 mai 2020

Le monde avec le Covid-19 ne sera plus comme avant. Le temps des cours présentiels dans les universités avec des milliers d’étudiants sera sans doute révolu. L’avènement du coronavirus bouscule les habitudes et ramène à la surface les défis du « Licence-Master-Doctorat » longtemps contournés. Il y a eu des efforts cette dernière décennie pour concrétiser ce système dans les universités béninoises. Les lignes ont bougé dans le sens de la définition des offres de formation, aussi bien dans le public que le privé. Les formations classiques sanctionnées par un diplôme de « Maîtrise » sont révolues. Les examens nationaux de licence et de master pour les universités privées sont effectifs. Mais s’il y a un défi qui persiste, c’est celui de la massification des cours.
Face à un flux d’étudiants sans cesse croissant couplé d’un déficit d’enseignants et d’infrastructures, l’Université d’Abomey-Calavi tente de miser sur les Massive Open Online courses (Mooc). Il y a eu des formations sur la scénarisation et la production des cours de masse ouverts en ligne. Mais, la pandémie du coronavirus avec ses exigences de limitation de l’affluence sur un même lieu doit forcer les autorités de l’enseignement supérieur à accélérer les processus. Les Moocs constituent un moyen de démultiplier les enseignants jusqu’au domicile de l’étudiant pour lui faire parvenir l’enseignement à plusieurs reprises. Le défi est pareil pour les universités privées, même si elles ne sont pas si confrontées aux problèmes d’effectifs.
Ainsi, les universités et le numérique devront apprendre à filer le parfait amour. Et l’une des conditions pour y arriver, c’est la connectivité. Ce problème résolu, les étudiants pourront étudier de chez eux, en disposant des outils technologiques nécessaires. Mais quand on sait que tous ne disposent pas encore d’ordinateurs, et que bon nombre auront des problèmes pour supporter le coût de l’internet, le débat mérite d’être lancé maintenant.





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