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Editorial : L’inaltérable Yayi

Les bains de foule lui ont manqué. Il a reçu sa dose samedi à Parakou. Pour être convaincu qu’il sera généreusement servi, il s’est d’abord assuré la veille, de faire un test de popularité chez lui à Tchaourou. Malgré le crépuscule, les femmes du marché de la localité lui ont réservé un accueil à la hauteur de son rang. C’est donc ragaillardi et en conquérant que Boni Yayi a foulé le sol de Parakou le lendemain. De l’entrée de la ville jusqu’à la place Bio Guéra où il était attendu, c’était le branle-bas général. Massivement mobilisées, les populations accouraient de partout pour apercevoir celui qui aura été leur messie dix années durant. Avec un sourire élargi jusqu’aux oreilles, c’est un Yayi rayonnant de bonheur qui a soulevé la cité des Koburu. Sans se faire prier, il s’est délecté de cette vague de sympathie et de reconnaissance à son endroit.
N’eût été la présence remarquable de l’ex couple présidentiel, le deuxième congrès ordinaire des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) aurait été bien terne. Leader de ce désormais parti politique, Boni Yayi a pris le soin et le temps pour s’accorder un retour triomphal en politique. Si le discours est demeuré vague et désarticulé, il a néanmoins perdu de sa virulence. Avec le recul et la sagesse, Boni Yayi fait aujourd’hui l’apologie de l’unité nationale. "Le Bénin est un et indivisible", a-t-il clamé. Lui qui ce 1er août 2012, jour de la fête nationale, affirmait avec force conviction, qu’il irait chercher les siens en vue d’un affrontement avec les autres qui ne l’aimaient pas et lui faisaient des misères. Dans la vie comme en politique, il faut vivre longtemps pour voir une chose et son contraire. Le Boni Yayi truculent, autoritaire, omnipotent n’existe plus. A Parakou, il n’a plus montré cette face. La perte du pouvoir en a certainement été pour quelque chose. Après s’être muré dans un long silence, il revient au-devant de la scène prenant à contre-pied ses adversaires qui rêvaient secrètement de le voir prendre sa retraite politique.
Pour Boni Yayi, ce congrès ordinaire des Fcbe n’était qu’un prétexte. Il a su créer l’occasion rêvée pour réapparaître. Le top est donné. Les partisans du pouvoir dont un certain nombre d’entre eux furent ses collaborateurs les plus proches vont devoir dépendre des somnifères. Désormais, ils seront abonnés aux nuits blanches. Boni Yayi ne leur fera aucun cadeau. C’est un redoutable adversaire qu’il vaut mieux avec soi que contre soi. Prenant la mesure de l’enjeu, il s’est d’abord évertué à caresser son successeur dans le sens du poil. Ceux qui s’attendaient à le voir clouer le régime au pilori ont été bien déçus. Patrice Talon qui n’est pas non plus un enfant de chœur doit avoir déjà affûté ses armes en vue de ce combat qui s’annonce long, harassant, éreintant et surtout sans pitié.
Les frères ennemis ne lésineront pas sur les moyens pour se nuire mutuellement. Déjà, Boni Yayi sollicite depuis Parakou une audience avec Patrice Talon. Lorsqu’il affirme devant la foule surexcitée qu’il se chargera de rendre compte de ce qu’il a vu et entendu à son "frère", c’est qu’il lui demande indirectement de s’apprêter pour le recevoir. Ce sera la dernière effusion, le dernier avertissement, le face-à-face de tous les dangers, une épreuve de nerfs avant que les coups proprement dits ne se mettent à pleuvoir de part et d’autre. Premier combat de taille, les législatives de 2019. Talon ambitionne de faire le plein à l’Assemblée nationale, Yayi ne demande qu’à faire échec à ce projet. A ce jeu où la haine et la vengeance sont les principaux éléments de motivation, le vainqueur sera celui qui aura fait preuve de plus de sadisme et de stratégie politique. Messieurs, les spectateurs joyeux que nous sommes sont confortablement installés. L’arène est à vous !

12-02-2018, Moïse DOSSOUMOU


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