En même temps que la Covid-19 : Briser l’élan du Paludisme au Bénin

Fulbert ADJIMEHOSSOU 27 avril 2021

Pour combattre le paludisme, il ne doit y avoir aucun répit. Pas la moindre pause au nom d’une pandémie qui fait des ravages, avec des statistiques médiatisées. Puisque, dans le silence, ils sont des milliers de Béninois, surtout des enfants qui continuent de mourir de cette pathologie. Il suffit de jeter un regard sur les indicateurs pour comprendre que le paludisme représente le premier motif de consultation et d’hospitalisation enregistré dans les centres hospitaliers au Bénin et la première cause de décès chez les enfants de moins de 5 ans.

Le paludisme tue plus que la Covid-19
Par exemple, selon l’annuaire statistique 2019 du Ministère de la Santé, 46,1% des consultations et 40,8% des hospitalisations sont dues au paludisme. Il a été enregistré dans les formations sanitaires 2.303.503 cas de paludisme simple confirmé dans la population en générale et dont plus de la moitié chez les enfants de moins de cinq ans. 196.034 cas graves ont été notifiés avec 3234 décès dont plus de la moitié chez les enfants de moins de cinq ans.
L’incidence est assez révélatrice de ce que la Covid-19 ne devrait faire oublier, à quelque acteur que ce soit, cette réalité. C’est surtout un combat quotidien quand on sait que, selon la 5e Enquête Démographique et de Santé du Bénin 2017-2018, près de 4 enfants de 6-59 mois sur 10 (39 %) sont testés positifs pour le paludisme selon la microscopie. La prévalence du paludisme varie selon le département, passant d’un minimum de 17 % dans le Littoral à un maximum de 51 % dans le Couffo.

Poursuivre les efforts

Le Gouvernement et ses partenaires se sont illustrés ces dernières années par de progrès dans la lutte contre le paludisme. S’il y a un pari qui est gagné et qui mérite d’être maintenu, c’est l’accès des populations aux moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII). Toujours selon les données de la 5e Enquête Démographique et de Santé du Bénin 2017-2018, la grande majorité des ménages (92 %) possèdent au moins une MII et 61 % des ménages ont au moins une MII pour chaque deux personnes qui ont passé la nuit dans le ménage. Plus de trois quarts de la population de fait des ménages (77 %) a accès à une MII, c’est-à-dire qu’elle pourrait dormir sous une MII si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes au maximum.
Les campagnes de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action, la distribution continue des moustiquaires à travers les consultations prénatales et les vaccinations en sont pour beaucoup. Il faudra surtout poursuivre tout en mettant l’accent sur l’éducation des populations pour l’assainissement de leur milieu de vie, le recours rapide aux soins, l’arrêt de l’automédication. Ce sont des gestes aussi simples, dans l’espoir d’un vaccin.





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