Entretien avec Père Joseph Akotègnon : « Jeûner, c'est priver le corps et nourrir l'esprit »

La rédaction 18 mars 2022

Depuis plus de deux semaines, les fidèles chrétiens catholiques Vivent le jeûne, une période au cours de laquelle plusieurs règles sont à respecter. A ce sujet, le Père Joseph Akotègnon de la paroisse Sainte Anne d’Agbalilamè dans le diocèse de Porto-Novo évoque au cours de cet échange les dispositions à prendre pour le jeûne.

En quoi consiste le jeûne ?
Jeûner, c’est avoir soif et faim de Dieu et de sa parole. Quand je dis "avoir soif et faim de Dieu" c’est rechercher en Esprit le Seigneur dans sa vie et le désirer près de soi. Jeûner pendant le temps de carême consiste à faire un seul repas pendant la journée, avec une alimentation frugale le matin et le soir. Il n’est pas seulement un geste de pénitence, mais a pour but la solidarité avec les pauvres, une invitation au partage et à l’aumône.
Le carême a commencé pour une durée de 40 jours pour ne pas dire 47 jours. Les dimanches ne sont pas des jours de jeûne. Pendant ce temps nous cheminons avec le Christ pour un renouvellement personnel et communautaire.

Est-ce une obligation de jeuner ?
Je dirai "oui et non". C’est une obligation parce que la cendre marque le début du carême ainsi que du jeûne. Néanmoins, le jeûne ne concerne pas les personnes du troisième âge, ni les malades, car cela peut les affaiblir et aggraver leur état de santé.

Parlez-nous des différentes manières de faire le jeûne.
Il n’y a pas grand-chose à dire sur cela, puisque le jeûne se fait au choix du fidèle. Nous avons le jeûne alcalin, encore appelé jeûne au fruit. Il faut préférer les fruits et légumes aux viandes. Il y a le jeûne intermittent. Le fidèle choisit un jour dans la semaine et jeûne. Aussi, il y a aussi le jeûne buchinger, c’est-à-dire une cure au jus et au thé, le jeûne à sec, c’est-à-dire un jeûne sans nourriture ni eau et enfin le jeûne à eau. Il faut boire assez d’eau

Quels sont les effets et les bienfaits du jeûne sur la santé ?
Priver l’organisme de nourriture n’est pas sans conséquence surtout au début. On peut ressentir un peu de fatigue et une hypoglycémie, mais ça ne dure pas. Quand on jeûne, on a plus de temps pour soi, car cela nous évite les préparations de cuisine par exemple. L’expérience démontre que la faiblesse du corps est ce qui est bon pour la santé. Même les médecins demandent qu’on ne mange pas trop. Car sur le corps, le jeûne permet de faire un nettoyage sur le plan physique, et cela vous rajeunit. Pour l’âme, cela représente une purification. Jeûner, c’est priver le corps et nourrir l’esprit. Lorsque le corps est privé des plaisirs de ce monde, cela permet à l’esprit de se renforcer.

Y a-t-il des contre-indications au regard de ces bienfaits ?
Pour jeûner, il faut être en bonne santé, le carême n’est pas autorisé aux personnes du troisième âge ni aux malades, encore moins aux femmes enceintes. Si c’était dans les années 1949, le jeûne catholique était limité à deux jours, le mercredi des cendres et le vendredi Saint. Ce qui est très peu pour un temps de carême. Donc au fil des années, les autorités en ont décidé autrement pour une bonne conversion.

Quelques conseils pour conclure cet entretien !!
Je souhaite un bon temps de carême à tous, que nous fassions preuve d’amour du prochain, que nous soyons charitables et surtout sachons pardonner et demander pardon. Il faut prier sans cesse et ne pas oublier d’invoquer la Reine des cas impossibles, la Vierge Marie par le Rosaire ou le chapelet au quotidien.
Propos recueillis par Edwige HOUESSOU (Stag)





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