Evolution du Covid-19 au Bénin : Des raisons de s’accrocher à son masque

Fulbert ADJIMEHOSSOU 11 mai 2020

Vigilance. A chacun son masque. Puisque des porteurs sains sont en grand nombre au sein de la communauté. En témoigne l’envolée du nombre de cas, surtout asymptomatiques, depuis une semaine du fait de la multiplication des tests. A la date du 9 mai 2020, le Bénin enregistre un total de 319 cas confirmés, soit 35 nouveaux cas par rapport à la veille. La moyenne quotidienne du nombre de nouveaux cas depuis le 6 mai est de 40 nouveaux cas par jour. Ce sont essentiellement des sujets qui ne présentent pas de signes de la maladie.
En réalité, en plus de traquer les cas asymptomatiques de Covid-19, le dépistage massif est une opportunité de faire prendre conscience à la population que le risque est partout, surtout là où on le redoute le moins. Si au début de la crise, beaucoup s’attardaient sur les symptômes, notamment ceux respiratoires pour suspecter des sujets, la tendance des porteurs asymptomatiques méritent une attention particulière. Selon les données de certaines études récemment publiées, le taux de cas asymptomatiques est environ de 20%.

Le masque, un réflexe
Avec ce nombre important de cas asymptomatiques, et leur pouvoir de contagiosité, le port de masque devrait être un réflexe, en dehors des autres gestes barrières. Une étude réalisée par une équipe de l’Inserm, dirigée par le Pr Xavier Duval, publiée le 1er avril, montre qu’il existe bien des personnes chez lesquelles une excrétion du virus au niveau de leur salive et de leurs fosses nasales est mise en évidence par les prélèvements nasopharyngés systématiques, avant qu’elles ne développent des symptômes, voire sans qu’elles n’en développent. Le port du masque dans ce cas reste indispensable puisque les personnes asymptomatiques sont aussi contagieuses que les malades, comme le démontrent d’autres études.
En plus, c’est aussi un moyen de se protéger contre la contamination par le coronavirus porté par l’air ambiant. Une étude en vie réelle sur la transmission aéroportée du SARS-CoV-2, réalisée dans deux hôpitaux de Wuhan, foyer de l’épidémie de Covid-19 en Chine, ainsi que dans des lieux fréquentés par le public renseigne mieux. Les résultats publiés le 27 avril montrent que des concentrations faibles ou indétectables de SARS-CoV-2 ont été trouvées dans la plupart des sites analysés. « Globalement, ces résultats indiquent un faible risque par voie aéroportée dans les zones bien ventilées ou les lieux ouverts au public. Ils soulignent cependant qu’il convient d’éviter les lieux d’attroupement en même temps que l’importance d’une détection précoce des sujets infectés afin qu’ils soient placés en quarantaine ou traités », soulignent les auteurs. Cependant, prévenir, vaut mieux que guérir. A chacun donc son masque.





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