Fabrication de dispositifs de lavage de mains et de masques : Soudeurs et couturiers tirent leurs gains du Covid-19

La rédaction 10 avril 2020

L’avènement de la Covid-19 n’apporte pas que tristesse et psychose. Si ailleurs dans le monde des industriels s’investissent dans la production des moyens de prévention, au Bénin, des artisans tirent aussi leurs profits.

Ayitchédji, aux encablures du carrefour, des supports de dispositifs de lavage de mains attirent l’attention des visiteurs. Sur place, les ouvriers sont à la tâche. Pas de temps à perdre, au regard de la pression qui entoure cette commande à livrer en urgence. Ici, comme dans plusieurs autres ateliers de soudures d’Abomey-Calavi et de Cotonou, l’ambiance est quasiment la même, pour ceux qui ont la chance de recevoir de pareilles commandes. « L’obligation pour les populations de se laver les mains et d’avoir de dispositifs de lavage devant les boutiques et sur les lieux de travail nous est profitable. Ça nous permet de fabriquer et de vendre des dispositifs et cette activité est plutôt rentable. Nous vendons nos dispositifs à 38.000 l’unité mais si le client veut en prendre plusieurs, nous pouvons revoir ce prix à la baisse. La demande est forte. Le samedi dernier, on en a livré 15 et ce jour nous sommes déjà à cinq unités vendues », confie Camille Sèmassou, soudeur à Mènontin, non loin de la télévision Canal 3.

Répondre à l’urgence et faire des profits
Les clients ces temps-ci dans ces ateliers de soudure proviennent plus souvent des organisations non gouvernementales, entreprises et même des services publics. L’enjeu est que chaque ménage, chaque unité de production mettent tout en œuvre pour posséder ces dispositifs qui, une fois actionnés par le pied droit font jaillir de l’eau propre contenue dans un plastique. « Actuellement comme vous pouvez le voir, nous sommes en train de travailler sur une commande car nous en fabriquons majoritairement par commande », ajoute Camille Sèmassou. Les prix de cession de ces dispositifs varient d’un atelier de soudure à un autre. « Je vends mes dispositifs à 80.000 F le grand et à 70.000 F le petit parce que c’est des dispositifs mieux faits et avec des matériaux ultras modernes », déclare Gérard Orou, soudeur à Mènontin.
C’est l’occasion pour les soudeurs d’ajouter une nouvelle activité à leur agenda, celle de la fabrication des dispositifs de lavage des mains. Mais dans le même temps, certains sont contraints de croiser les bras faute de clientèle. « Je ne fabrique plus de dispositifs de lavage de mains car je suis à court de commande. J’ai déjà livré ma dernière commande et je reprends avec mes travaux habituels », souligne un soudeur qui a requis l’anonymat.

Des couturiers, fournisseurs de masques
Les artisans ne laissent passer aucune opportunité. Avec la décision du Gouvernement de rendre obligatoire le port de masques, les couturiers ont ajouté une nouvelle activité à leur ligne de production. « On ne peut pas dire qu’on n’en profite pas, moi j’ai reçu plusieurs commandes, j’en livre d’autre déjà même », déclare Hostane Adjaho, un couturier. Jules Aitchi ne travaille ces jours que pour la fabrication de ces objets de protection : « Je reçois des commandes, j’en ai livré pleinement et depuis avant-hier je ne fais que fabriquer les cache-nez. Je les vends également dans mon propre compte et l’unité est à 200F mais d’autres en prennent à 500F à partir de 3. Avec ces commandes, j’avais mis de côté mes autres travaux car je dois participer à ma manière à cette lutte. Je ne le fais pas forcément pour gagner de l’argent mais pour aider ». D’autres par contre, ne sont pas intéressés par cette activité. « Je ne me suis pas intéressée à la fabrication de masques car j’ai des clients à satisfaire. Mais j’ai une commande de la part d’une amie que je lui livrerai dès que possible », avoue une couturière qui a requis l’anonymat. Et dans la rue, comme de petits pains, les masques se vendent faisant le bonheur des populations.
Bachirou BOKOUM & Deltony LAMMANLYKPOSSE-YA (Stags)





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