Forum virtuel à Cotonou : La Ccib pense à l’avenir du secteur privé après la Covid-19

Isac A. YAÏ 20 juillet 2020

Il ne faut pas rester les bras croisés à attendre la fin de la Covid-19. Il faut transformer cette crise en opportunité pour développer d’autres aptitudes afin de prospérer en affaires. Tel est l’objectif de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib) en initiant le vendredi 17 juillet dernier un forum en faveur des acteurs du secteur privé. Ayant pour thème "Perspectives pour le secteur privé du Bénin après la Covid-19", ce forum a réuni par visioconférence, des communicateurs avertis de l’univers des affaires.
Intervenant sur les « Impacts de la pandémie de la Covid-19 sur les entreprises béninoises », Albin Fèliho, président de la Confédération nationale des employeurs du Bénin (Coneb) a fait savoir que tous les secteurs d’activités ont été touchés par cette pandémie surtout le secteur des imports exports et le tourisme. Raison pour laquelle le gouvernement béninois a apporté plus de 70 milliards de francs Cfa pour aider les entreprises à relancer leurs activités par ricochet l’économie nationale. A l’en croire, pour la prospérité des affaires, il faut réinventer les entreprises de manière à changer la tendance en s’orientant vers des solutions endogènes.
Pour Roland Riboux, président du Conseil des investisseurs du Bénin (Cipb), réinventer les entreprises au Bénin c’est faire de lourds investissements dans l’industrie agroalimentaire. A l’en croire, le Bénin n’est pas encore un pôle industriel. Pour le devenir, il faut de l’excellence, une administration proactive et une constance dans la qualité.
Intervenant sur les conséquences de la Covid-19, le père Godfrey Nzamujo, Directeur du centre Songhai, a indiqué que cette crise sanitaire doit induire un nouveau départ pour l’agrobusiness au Bénin. Pour lui, la normale n’a jamais existé. « Certains disent qu’il faut finir avec cette crise pour revenir à la normale. Nous avons seulement normalisé la pauvreté, le chômage, l’exportation de la richesse et l’importation de la pauvreté… », a-t-il fait savoir. Pour lui, il faut construire des structures en se basant sur des solutions pour produire des biens et services. « Cette pandémie n’est pas une fatalité, mais un tournant pour résoudre nos problèmes collectifs. Cela appelle à une dynamique dans l’agrobusiness pour subvenir à nos besoins collectifs », précise-t-il. Pour lui, notre vision actuelle des choses est déjà dépassée, raison pour laquelle toute solution issue de cette vision crée plus de problèmes que de solutions. Il faut donc aller vers une agriculture durable et connectée. « Cette transition vers une agriculture multifonctionnelle ne doit pas détruire l’environnement, mais galvaniser d’autres secteurs d’activités », a-t-il dit.
« C’est possible de devenir un pôle industriel dans la sous-région. Pour cela, il faut s’engager dans une démarche d’excellence, de rigueur. Cela doit donc être enseigné depuis le collège car, le collègien d’aujourd’hui est le leader de demain », a indiqué Zul Kifl Salami, ancien ministre d’Etat.
Quant à Eustache Kotingan, président par intérim du Conseil national du patronat du Bénin (Cnpb), pour devenir un pôle industriel dans la sous-région, le Bénin doit se donner un modèle pour le développement du secteur privé. Et cela passe par la transformation sur place du coton, la restructuration du système éducatif, un investissement massif dans le secteur de la santé pour garantir le capital humain et une solidarité permanente.
Pour le professeur Léonard Wantchékon, toutes les prévisions faites doivent avoir pour sous bassement des recherches scientifiques de pointe. Ainsi, le Bénin pourra profiter de ses atouts géographiques et historiques pour devenir un pôle industriel dans la sous-région.





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