Gestion des conflits en lien avec la Transhumance transfrontalière : La GIZ outille magistrats, Forces de défense et de sécurité à Natitingou

Alassane AROUNA 15 décembre 2020

Depuis plusieurs décennies, le Bénin et le Togo sont devenus par excellence des pays d’accueil de transit des éleveurs en provenance des pays frères sahéliens notamment le Niger et le Burkina-Faso. Ces déplacements des pasteurs et de leurs troupeaux à la recherche d’eau et de pâturage génèrent souvent des conflits collectifs violents et meurtriers entre les pasteurs et les autochtones majoritairement agriculteurs en dépit des enjeux économiques qui les entourent. De même, les différents Etats concernés sont plus exposés aux fléaux de criminalité transfrontalière organisée, notamment le trafic de drogue, des armes et le trafic illicite faunique, toute chose qui alimente la violence et le terrorisme. C’est pour mettre un terme à ces phénomènes constitutifs d’actes de menace sous régionale, à la sécurité et à la croissance économique que la CEDEAO et l’Union Africaine en collaboration avec la GIZ ont initié une rencontre à Natitingou au Nord-Ouest du Bénin. Les dites assises démarrées depuis lundi 09 Décembre 2020 et dirigée par l’Ong POTAL-Men permettront trois jours durant d’outiller les magistrats et les Forces de défense et de sécurité des quatre pays dont le Bénin sur les stratégies de lutte contre l’insécurité transfrontalière et réaffirmer l’engagement de tous ces Etats et des organisations sous régionales à travers le renforcement des instruments législatifs et une politique répressive appropriée. Placées sous la présidence du préfet de l’Atacora qui avait à ses côtés le représentant de la CEDEAO et celui de l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des espaces frontaliers ABEGIEF, ces assises ont servi de cadre d’expérimentation d’une approche novatrice de prévention et de gestion de ces conflits en associant les acteurs chargés de l’application de la loi au Bénin, au Togo, au Burkina-Faso et au Niger. Prenant la parole le préfet de l’Atacora a témoigné sa gratitude aux différents partenaires techniques et financiers qui ont initié cette rencontre. Lydie Déré Chabi Nah dira ensuite que le rendez-vous de Natitingou répond à un double impératif, celui de renforcer et harmoniser les compétences des magistrats et Forces de défense et de sécurité et de favoriser la coopération des Etats dans la prévention et la répression de ces infractions dans la protection des droits humains en lien avec la transhumance transfrontalière. Au-delà de ce challenge, cet atelier vise à informer les magistrats et les Forces de défenses et de sécurité sur les problématiques du foncier pastoral, les avantages et les limites du pastoralisme et les enjeux y afférents. Cette formation, faut-il le souligner, est organisée de concert avec la GIZ et la CEDEAO à travers deux programmes régionaux : le programme frontalier de l’Union Africaine et le programme PEPISAO financé par l’agence française de développement AFD qui a pour bras opérationnel Potal-Men, une ONG locale avec une renommée nationale et transfrontalière. Le représentant de la CEDEAO dans son allocution va saluer les participants venus des quatre pays pour leur présence à Natitingou. Bio GOURA Soulé va ensuite exhorter les uns et les autres à l’assiduité pour que chacun tire grand profit de ces assises. Au terme des travaux et des restitutions suivies de débats en plénière, plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit des organisations sous régionales et des partenaires techniques et financiers.
A l’endroit de la CEDEAO : elle doit poursuivre le renforcement des capacités des magistrats et des Forces de défenses et de sécurité sur la prévention gestion des conflits en lien avec la transhumance. Elle doit également mettre en place des comités mixtes transfrontaliers de gestion de la transhumance et vulgariser les textes nationaux et communautaires régissant la transhumance et le foncier au niveau des acteurs à la base.
A l’endroit des Etats et collectivités locales, comme recommandations, ils doivent procéder au renforcement des capacités des magistrats et des FDS sur la prévention gestion des conflits en lien avec le foncier pastoral, le pastoralisme et la transhumance dans l’espace CEDEAO et aussi faire des sensibilisation à l’endroit des transhumants sur la nécessité de se faire établir les pièces d’état civil.
A l’endroit des organisations pastorales, il faudra poursuivre la vulgarisation des textes nationaux et communautaires régissant la transhumance et le foncier au niveau des acteurs à la base pour le respect de la réglementation (nationale et Régionale). Cet atelier de renforcement de capacité aura permis aux participants de comprendre les fondements du pastoralisme/transhumance et l’impérieuse nécessité de la mobilité du bétail.





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