Gwendal Euzen, invité du club de l’économiste : « On ne peut pas accuser l’Etat de rendre la vie chère à ses citoyens… »

Isac A. YAÏ 21 octobre 2021

Gwendal Euzen, Directeur général de Bénin Control était l’invité du club de l’Economiste le jeudi dernier. Occasion pour ce dernier de préciser aux professionnels des médias le rôle que joue cette société pour le bien-être de l’économie béninoise et la croissance de l’économie nationale. A l’en croire, à travers le Programme de vérification des importations (Pvi) nouvelle génération, Bénin Control aide le Bénin à lutter efficacement contre la fraude douanière et à mobiliser les ressources pour la construction des infrastructures sociocommunautaires. « Nous assistons donc la douane en mettant en place la valeur transactionnelle, c’est-à-dire le montant à payer reconnue par l’organisation mondiale de la douane. Nous classifions donc les marchandises selon le code de la Cedeao. Nous faisons également le suivi électronique des marchandises qui offre aussi des avantages en terme de gain de temps et évite la concurrence déloyale », a-t-il fait savoir. A l’en croire, malgré la turbulence de la période 2020-2021 due à la fermeture unilatérale des frontières par le Nigeria, la chute du Naïra et la pandémie de Covid-19, le Bénin s’en est sorti la tête haute grâce aux réformes. « Aucun pays au monde ne peut se développer en comptant uniquement sur les autres. Et le Bénin l’a vite compris en opérant des réformes pour mobiliser ses propres ressources. Il faut donc sécuriser nos ressources. Raison pour laquelle nous luttons contre la contrebande et toutes les opérations frauduleuses », déclare-t-il.

La cherté des produits de première nécessité
Selon le premier responsable de Bénin Control, aucun pays ne se construit avec un système corrompu et frauduleux laissant libre cours à la concurrence déloyale. Il faut donc réguler le marché en mettant tous les acteurs sur un même pied d’égalité. « Les droits et taxes payés au Bénin sont les mêmes dans tous les Etats de la Cedeao. On ne peut donc pas accuser l’Etat de rendre la vie chère à ses citoyens parce qu’il perçoit correctement les droits et taxes. Cela permet au contraire de mettre en place un marché compétitif. Les importateurs qui se plaignent sont peut-être ceux qui ne respectaient pas les règles du jeu auparavant… », explique-t-il.

Contribution au trésor public
Abordant l’aspect de la contribution de Bénin Control au trésor public, Gwendal Euzen a fait savoir qu’à la clôture de l’année 2016, les recettes douanières étaient de l’ordre de 300 milliards. Et à fin septembre 2021, les 300 milliards sont déjà dépassés. « Nous allons donc atterrir entre 420 et 430 milliards pour 2021. De 300 milliards à 430 milliards, il y a une hausse d’environ 130 milliards en 5 ans, ce qui fait à peu près une croissance d’environ 35%. C’est énorme car, nous avons eu des chocs exogènes importants telle la fermeture unilatérale des frontières par le Nigeria, la chute du Naïra et la crise sanitaire due au Covid-19. Nous pouvons donc nous réjouir de ce niveau de mobilisation des ressources qui a des impacts indirects sur l’image du pays. Car, quand les partenaires internationaux voient que le Bénin fait des efforts dans la mobilisation de ses propres ressources, cela les rassure », indique-t-il.
A l’en croire, le Bénin a une forte crédibilité à l’international grâce à sa mobilisation des ressources à l’interne. Raison pour laquelle il faut continuer de travailler afin d’avoir plus de performance pour le bien de tous. « Il faudrait donc que nos intérêts collectifs priment sur nos intérêts individuels », a-t-il conclu.





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