Harcèlement et viol en milieu de travail au Bénin : La Fondation Mère Tahira propose le renforcement des mesures juridiques

Patrice SOKEGBE 11 mai 2020

Les appels à la lutte contre les harcèlement et viol en milieu professionnel ne cessent de s’intensifier depuis l’affaire Angela Kpeidja. Ainsi, la Fondation Mère Tahira a condamné l’acte commis sur la journaliste et a proposé le renforcement des mesures juridiques. Il s’agit entre autres de la création d’une structure des affaires psychologiques et juridiques aux femmes victimes de violences sexuelles de tous genres, d’une Brigade spéciale (Brigade des mœurs) pour réprimander les cas de dénonciation de harcèlement et autres abus sexuels en milieu professionnel. Elle propose également la création d’une juridiction spéciale à l’instar de la Criet pour connaître et juger de cas de harcèlement en milieu professionnel.

Déclaration de la fondation Mère Tahira
C’est avec le cœur meurtri que nous avons lu sur les réseaux sociaux, le cri de détresse d’une brave femme qui n’en pouvait vraiment plus.
Oser crier, oser vaincre !
Nous félicitons cette brave dame qui a osé dénoncer un secret de couvent au risque de son travail, sa réputation ou même au péril de sa vie. A tous ceux qui se sont dressés en donneurs de leçons en vilipendant nos sœurs de la presse, arrêtez le massacre ! Le métier de journaliste est un noble métier dont on ne devrait habiller pour l’hiver.
D’autres se sont recouverts de la cape confortable de l’indifférence, et qui dit indifférence dit neutralité. Comme le disait l’autre : « la neutralité est une forme de lâcheté ». Face au courage de la dame Angéla KPEIDJA de nombreux témoignages de harcèlement sexuels et de viols faits sur les femmes à visage découvert, nul ne saurait être indifférent sous peine d’être complice.
Depuis fort longtemps, le harcèlement sexuel a toujours existé, et pas seulement dans le milieu de la presse. Invisible tel un virus ravageur, il est partout dans tous les services et tous les secteurs. Cet acte ignominieux brise et traumatise la femme, et très souvent la victime traîne les séquelles toute sa vie.
C’est facile de juger Mme KPEIDJA, mais sachons raison gardée car nous ne savons pas toute la pression psychologique que subissent ces femmes ! La chose la plus difficile à faire par une victime c’est d’avoir le courage de dénoncer son bourreau. Alors au lieu d’accabler notre sœur de mépris nous ferons mieux de faire notre propre examen de conscience tout en gardant à l’esprit que nos enfants nous observent.
Quel héritage voulons-nous laisser à la postérité ? L’enfant est le père de l’homme dit-on ! et si l’enfant est le père de l’homme, la femme est la mère de l’humanité. Elle mérite respect et en aucun cas ne saurait être substituée à un objet sexuel d’un homme !
C’est pourquoi, La Fondation mère Tahira (FMT) dont la mission est entre autres, de lutter contre les abus et harcèlements sexuels en milieu scolaire et professionnel, lutter contre les violences faites aux femmes et promouvoir le genre, exprime sa solidarité à Madame Angela KPEIDJA et par ricochet à toutes les femmes victimes de ces actes ignobles et indignes. Trop c’est trop, ça suffit comme ça !
La femme n’est pas un jouet sexuel ! respectons-la ! La gente féminine ne peut être promue dans un environnement putride. La FMT condamne vivement cette pratique ignoble et lance un vibrant appel à toutes les autres victimes du harcèlement sexuel à avoir le courage de dénoncer leurs bourreaux. Nous exhortons la justice à mener des investigations idoines aux fins de sanctions appropriées.

Aussi proposons nous :
- La création (sous tutelle du ministère des Affaires sociales) d’une structure des affaires psychologiques et juridiques aux femmes victimes de violences sexuelles de tous genres ;
- La création d’une Brigade spéciale (Brigade des mœurs) pour investir les cas de dénonciation de harcèlement et autres abus sexuels en milieu professionnel ;
- La création d’une juridiction spéciale à l’instar de la Criet pour connaitre et juger de cas de harcèlement en milieu professionnel ;
- La révision en vue du renforcement de l’arsenal législatif réprimant le harcèlement sexuel en milieu de travail.
Enfin, n’oublions pas, nos enfants nous observent, nous sommes leurs uniques repères. Alors unissons nos forces pour vaincre ce fléau !
Trop c’est trop ! Ça suffit comme ça !
La femme n’est pas un objet sexuel !
La femme est la mère de l’homme.
FMT unis pour vaincre le harcèlement sexuel et la violence faite aux femmes.

Tahiratou SALIFOU ASSOUMAN
Présidente de la Fondation Mère Tahira (FMT)





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