Inondations cycliques au Bénin : Des barrages multifonctionnels, une solution à prioriser

Fulbert ADJIMEHOSSOU 29 août 2019

Et nous voilà plongés à nouveau dans un stress hydrique infernal. Sur presque tous les bassins, la vigilance est de mise. Du fait du Système d’alerte précoce, la sensibilisation s’accentue pour réduire tout au moins les risques. Cependant, si les pertes en vies humaines sont considérablement réduites, tout se passe comme s’il n’y a pas de solution durable pour limiter les pertes économiques, voire inverser la tendance.

Pourtant, les inondations peuvent bien devenir un profit, surtout dans un contexte de changement climatique où les besoins en eau accroissent énormément. On devrait pouvoir faire mieux que de demeurer dans la défensive. A moins qu’on les gère mal, les inondations ne sont pas une fatalité. Ce sont des processus naturels plus ou moins maîtrisables, mêmes ils sont accentués par le changement climatique. On devrait en profiter pour faire prospérer les activités agricoles et pastorales.
Environ 13,1 milliards de mètres cubes par an. C’est le volume d’eau qui serait drainé par les principaux cours d’eau du pays en dehors des apports du fleuve Niger ainsi que de la Sazué et des hauts bassins de la Kéran et de la Kara. Même si cela ne reste qu’une estimation, c’est un indicateur qui devrait inspirer à aller de l’avant. Des aménagements agricoles bien pensés auraient permis au Bénin de renforcer la production agricole et de disposer des produits de contre saison.

Des barrages, il faut qu’on y pense
La solution n’est pourtant pas à réinventer. Elle est même dissoute dans plusieurs études antérieures réalisées et mises sous boisseau, fautes de moyens. Le Plan d’action national de gestion intégrée des ressources en eau (Pangire) a montré le chemin. Un barrage, c’est l’idéal pour retenir une partie de l’eau supplémentaire du système en amont pour les laisser écouler une fois l’inondation passée. Le surplus, c’est bien de quoi ont besoin les producteurs pour irriguer les exploitations agricoles.
Des confidences, on retient qu’une dizaine de barrages est envisagée le long du bassin de l’Ouémé. Ils devraient permettre d’atténuer les effets des crues et favoriser une gestion profitable de la ressource. Dans le même temps, d’autres, ayant fait déjà leur temps ne sont plus véritablement utiles. On ne devra pas oublier les digues.

Changer de paradigme
Mieux drainées, elles seront moins menaçantes. Si nous n’en sommes pas encore là, c’est justement parce qu’on peine à créer le cadre propice. La Gire, tout comme celui de l’hygiène et assainissement de base devraient cesser d’être les parents pauvres du secteur de l’eau. Il est temps d’améliorer les connaissances des ressources en eau de surface et souterraines, de mettre en place un dispositif de suivi pour les rendre disponibles, puis de renforcer le niveau de mobilisation des investissements pour les mettre en valeur. Mais après tout, il faut tenir rigueur aux études d’impact environnement et social pour éviter qu’ils soient sources de catastrophes plutôt que de réduire les catastrophes.





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