Installation du Conseil national de l’éducation : L’envol pour un système éducatif au service du développement

Arnaud DOUMANHOUN 22 janvier 2020

De nouveau, l’école s’éveille ! « Mon enthousiasme est sans pareil parce que la mise en place du Cne est le début d’un processus de mutation complète de notre système éducatif, le principal atout de notre développement ». Telle est la profession de foi de Patrice Talon, à la cérémonie solennelle d’installation du Conseil national de l’éducation (Cne) au Palais des congrès de Cotonou hier 21 janvier 2020.
Si les maux qui minent l’école béninoise sont incommensurables, il n’en demeure pas moins que le diagnostic est posé avec justesse avec le régime du nouveau départ. Au plan structurel, la nécessité de rénover le Cne est apparue au grand jour, avec pour impératif de le remettre dans ses fonctions originelles dotées désormais d’un pouvoir décisionnel. Et sans crier gare, Patrice Talon s’est exécuté.
En effet, la loi du 11 novembre 2003 portant orientation de l’éducation nationale en République du Bénin est sans équivoque sur la question : « Dans le respect des principes définis par la Constitution du 11 décembre 1990, l’éducation en République du Bénin, constitue et demeure la première priorité nationale ». C’est à juste titre que pour le chef de l’Etat, il y a lieu de ‘’reconstruire le système éducatif, en phase avec (…) les ambitions économiques de notre pays’’.
Désormais, qu’il s’agisse des programmes, du déploiement du personnel enseignant, de la carte scolaire ou universitaire, des affectations budgétaires, des accréditations ou des contrôles des établissements publics ou privés, plus rien ne sera décidé et mis en œuvre sans les sachants du Conseil national de l’éducation.
Ce nouveau cadre de gouvernance de l’école béninoise a entre autres pour mission, l’orientation, la coordination, la décision et le suivi-évaluation des politiques publiques dans le secteur. D’ores et déjà, les ministres en charge des divers ordres du système éducatif béninois se sont approprié ces attributions du Cne et s’impatientent pour une franche collaboration afin que les fruits tiennent la promesse des fleurs. « La collaboration doit être franche et ouverte, parce que entre le Cne et les ministères en charge de l’éducation, c’est un peu comme si c’était des bébés siamois. Nous avons parcouru tous les contours de ce dossier et nous pouvons dire qu’il n’y aura pas de conflit d’attribution », a déclaré le ministre des enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou. Un avis que partage son collègue de l’enseignement supérieur, Eléonore Yayi. « En voyant la qualité des Conseillers, je ne doute aucunement que nos attentes soient satisfaites. La mission pour le CNE est déjà comment restructurer la question de la gouvernance. Comment faire en sorte que les mouvements soient un peu plus coordonnés, que les ressources soient mieux utilisées, mieux rationnalisées pour produire de meilleurs effets », a-t-elle précisé.
C’est dire que les acteurs à divers niveaux ont pris la mesure de l’enjeu et les instructions du chef de l’Etat à l’endroit des membres du Cne, ne sont sans doute pas tombées dans des oreilles de sourd : « Il vous reviendra avec les ministères en charge de l’éducation, de prouver à nos enfants, les enfants du Bénin, qui veulent que notre école soit au diapason de leurs rêves, à la hauteur des exigences et défis de leur temps, que l’éducation est vraiment le seul moyen de construire l’Homme, matière première de toutes les épopées ».
Il faut noter que les 28 membres installés ce 21 janvier, puisque le poste de chercheur n’a été pourvu pour cette mandature, sont désignés par le chef de l’Etat soit 4 personnalités, les ministres en charge de l’éducation et des affaires sociales, 6 personnalités, les organisations socio-professionnelles du secteur soit également 6 personnalités et 13 sélectionnées par appel à candidatures suivant des profils bien définis.
« Votre gouvernement a conçu un organe de type nouveau avec des attributions fortes, une organisation souple, pour un fonctionnement efficace. Vous avez confié cet organe, pierre angulaire pour la poursuite irréversible des performances de notre système éducatif à des hommes et femmes, qui ont désormais la charge redoutable de faire jouer au Cne sa partition. Elle le fera à la dimension de vos attentes », a déclaré Noël Gbaguidi, Agrégé des facultés de Droit, professeur titulaire des universités à l’Uac, président du Cne.
Au dire du secrétaire général de la présidence, le ministre d’Etat, Pascal Irénée Koupaki à l’issue de la cérémonie d’installation, deux commissions du Cne seront constituées. Il s’agit de la commission ‘’qualité et règlementation’’ et de la commission ‘’pilotage et financement’’. Il rassure le chef de l’Etat de ce que le siège du Cne est fonctionnel et la sécurité des locaux assurée. Le règlement financier a été adopté par le Conseil des ministres et le budget 2020 est disponible. C’est donc parti pour un mandat de quatre ans pour les membres de cette institution et de cinq ans pour le secrétaire exécutif. Vivement que l’éducation en République du Bénin, constitue et demeure la première priorité nationale.





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