Interdiction d'accès des Ong aux prisons en période de Covid-19 : Esam et autres Ong soucieuses du sort des détenus mineurs

Patrice SOKEGBE 12 février 2021

L’Ong Enfant solidaire d’Afrique et du monde (Esam), en collaboration avec le réseau des structures de protection des enfants en situation difficile (Respesd) et l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), avec l’appui technique et financier de l’Unicef, a tenu le mercredi dernier dans ses locaux, une conférence de presse. A l’occasion, ces Organisations de la société civile ont exprimé leur inquiétude liées au bien-être physique, mental, émotionnel des mineurs en conflit avec la loi, depuis l’interdiction d’accès aux ONG dans les prisons en période de COVID-19. En effet, depuis mars 2020 et la pandémie de Covid-19, les autorités pénitentiaires du Bénin refusent tout accès des organisations non-gouvernementales aux prisons. Si les avocats et juges des mineurs ont toujours accès aux prisons, l’accès aux familles des détenus est limité. Pour le Spécialiste des droits de l’Homme, Erick Hachémè, cela est très préjudiciable en particulier pour les enfants, pour qui les liens avec leur famille sont cruciaux. « L’interdiction d’accès aux organisations non gouvernementales, dont le rôle et le regard extérieur et indépendant sur la situation à l’intérieur des prisons sont fondamentaux, empêche en outre toute surveillance libre de la situation des détenus, y compris des enfants, et accroît ainsi fortement le risque de violence et traitements cruels, inhumains et dégradants envers les enfants », a-t-il ajouté. A ce sujet, ces Osc exhortent le gouvernement et autres autorités pénitentiaires à trouver une solution plus ou moins souple permettant l’accès des organisations de la société civile aux prisons afin de protéger les enfants privés de liberté durant la pandémie. « Les droits des enfants à la protection, à la sécurité et au bien-être doivent être protégés en toutes circonstances, y compris - et surtout - durant les crises telles que celle que nous traversons aujourd’hui. Or, la meilleure manière de protéger les droits des enfants détenus durant une dangereuse pandémie est de s’assurer si la situation à l’intérieur est reluisante et pour y arriver il faut un regard extérieur et indépendant celui de la société civile », a indiqué Philibert Tossou, Représentant de l’Acat.





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