Interdiction d’exercice en clientèle privée des praticiens du public : La vigilance faiblie, le phénomène au galop

24 mars 2022

Fermeté et suivi constant. Sans ces deux mots, il ne faut pas s’attendre à ce qu’une décision salutaire pour les populations mais peu gobée par les praticiens hospitaliers, agents permanents de l’Etat, résiste au temps. Malheureusement, depuis un certain moment, c’est le cas. Ainsi, en dépit de l’interdiction en septembre 2018 d’exercice en clientèle privée aux agents de la santé du secteur public, certains d’entre eux s’ingénient à trouver les moyens de défier la règle. Profitant de la vigilance qui, sans doute pour diverses raisons, a faibli, des médecins et autres praticiens hospitaliers du public ont repris leur gymnastique macabre qui consiste à négliger les malades dans les hôpitaux où ils interviennent et sont plus prompts à aller donner le meilleur de leurs prestations dans les cliniques. D’ailleurs, il faut rappeler que c’est pour régler cette situation préjudiciable aux patients délaissés qui proviennent généralement des couches défavorisées au profit de ceux nantis abonnés aux cliniques privées qu’un décret a été pris pour exiger aux agents concernés de faire un choix.
Visiblement, la clarification sanitaire a été faite à contrecœur. Ceci, puisque la tendance déplorée des va-et-vient des agents de la santé entre hôpitaux public et privé se fait de plus en plus signaler. C’est dire que si des mesures ardues ne sont pas prises par les autorités sanitaires notamment par le ministre Benjamin Hounkpatin et surtout par le chef de l’Etat Patrice Talon pour un suivi plus rigoureux des présences au poste, le décret de la clarification pris il y a de cela quatre ans comptera pour du beurre. Alors, la pagaille de l’orientation des patients privilégiés vers les cliniques privées reprendra de plus belle et sur le dos de l’Etat et du contribuable, des médecins s’en mettront plein les poches. D’où, devant les velléités de contournement de la règle par ces agents hospitaliers qui délibérément ont choisi le camp de l’Etat, il est à souhaiter que la tolérance zéro soit de mise.





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