Interview avec le cardiologue Tessilimi Behanzin : « La prise à la légère de l’angine de poitrine peut s’avérer mortelle »

La rédaction 8 septembre 2020

L’angine de poitrine est une maladie parmi tant d’autres qui n’est pas à négliger. Dr Tessilimi Behanzin, cardiologue des armées, donne plus de précisions sur cette maladie à travers cette interview.

Que savez-vous de l’angine ?
L’angine de poitrine encore appelée ‘’angor’’ se caractérise par une douleur oppressante qui peut se situer généralement dans la poitrine mais qui va irradier la mâchoire. Ça peut se manifester simplement par une douleur au niveau des dents. Il faut donc aller chercher à savoir s’il ne s’agit pas d’angine de poitrine. Elle se manifeste à l’effort physique et va s’arrêter avec l’effort. Ça dépend du degré. Plus c’est grave, moins la distance à parcourir est courte. Cette angine de poitrine résulte en fait de ce que l’on appelle le plus souvent ‘’Athérosclérose‘’ : ce sont des plaques bactéonomes qui sont des dépôts de plusieurs éléments tels que le sang, le tissu fibreux, le dépôt calcaire qui vont se former dans la couche interne de l’artère du cœur qu’on appelle coronaire et qui nourrissent le cœur. Lorsque ces éléments se forment dans la couche interne du vaisseau sanguin, ils réduisent la lumière de l’artère. Une fois que c’est réduit, l’apport d’oxygène dont a besoin le cœur pour fonctionner diminue et le cœur peine à fonctionner. Quand il y a un effort, le cœur a sa réserve d’oxygène et lorsqu’on lui demande un effort dont sa réserve n’est pas suffisant, cela se traduit par une douleur, et c’est donc cette douleur que le patient va sentir en marchant ou en faisant un travail.

Combien de type d’angines existe-t-il ?
On distingue deux types d’angines de poitrine : l’angor stable qui augmente et cesse avec l’effort. Elle peut être calmée par un médicament qu’on appelle la « trinitrine » prescrit par un spécialiste, que l’on met sur la langue dans une position donnée. Ceci fait partie des moyens de diagnostic et calme la douleur en moins d’une minute. L’angine de poitrine instable est le second type qui est une complication liée à la formation d’un caillot qui va se former sur la plaque bactéonome. C’est donc une cascade de réactions qui va permettre la formation de ce caillot sur la plaque. Cela va réduire la lumière de l’artère. Dans ce cas, la maladie devient plus dangereuse et à moindre effort, le patient a mal de même qu’au repos. Tout ceci peut entraîner une complication appelée « Infarctus dibiocal » qui explique que l’artère est totalement bouchée, du coup le sang ne circule plus. Ça peut donc avoir pour conséquence la mort cellulaire. Ainsi les cellules du cœur vont mourir ce qui conduira à l’insuffisance cardiaque

Quelles peuvent être alors les causes de ce mal ?
Il y a plusieurs causes pour cette maladie. Les plaques bactéonomes qui se forment constituent une cause de cette maladie. Cela dépend également des facteurs de risques de base tel que l’hypertention artérielle, l’âge, le sexe surtout plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, le diabète. L’augmentation de cholestérol, l’obésité et l’hérédité.

Quels en sont les symptômes ?
Comme je l’ai dit tout à l’heure, c’est surtout la douleur derrière le sternum mais cela peut aussi irradier vers la mâchoire, les deux bras,et des douleurs au niveau des dents

Que faut-il faire en matière de prévention ?
En ce qui concerne la prévention, c’est déjà la prise en charge des 3 facteurs de risques dont on a parlé surtout l’hypertention artérielle, le diabète qu’il faut correctement traiter, faire des exercices physiques pour diminuer le poids qui fait partie des facteurs à risque de cette maladie. Pour toute douleur thoracique, il faut consulter un spécialiste pour faire un électrocardiogramme (ECG) qui nous montre qu’il s’agit d’une angine de poitrine. Ceci nous permet d’aller plus en profondeur dans les examens à faire.

Quels sont les différents traitements possibles de cette maladie ?
Pour le traitement de cette maladie, on utilise généralement les médicaments tel que : aspirine, clopidogrel, bêta-bloquant, les inhibiteurs calciques qui sont des antihypertenseurs etc. Tous ces médicaments permettent de calmer la douleur du patient. Ce sont des traitements médicaux. Concernant les traitements chirurgicaux, il faut un examen chirurgical qu’on appelle la ‘’Coronarographie’’ qui consiste à passer par une artère au niveau périphérique jusqu’au cœur.

Vos conseils à l’endroit des patients
D’abord, il faut éviter de prendre du poids, faire du sport avec 30min de marche rapide par jour est excellent pour le corps humain. Il faut éviter la consommation de repas trop huileux et éviter trop de sel. Ceci permet d’éviter la contraction d’une hypertention artérielle. Au cas où l’hypertention se déclenche, il faut la traiter.
Propos recueillis par Audronne N’DAH et Albéric DOCHAMOU (stags)





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