Journalisme d’investigation au Bénin : Les professionnels appelés à s’intéresser aux actes de corruption

Bergedor HADJIHOU 2 juillet 2020

Deux initiatives financées par l’Union Européenne permettent une formation des personnels des médias au journalisme d’investigation en matière de lutte contre la corruption à Bohicon du 1er au 03 juillet 2020. Il s’agit du projet d’appui à la justice (PAJ), et le programme d’appui à la lutte contre l’impunité et au renforcement de l’Etat de droit en République du Bénin (PALIRED) mis en œuvre par Transparency International et Social Watch Bénin.

Ce n’était jamais arrivé dans l’histoire de l’Union des professionnels des médias du Bénin. 120 journalistes divisés en trois groupes, en raison notamment du contexte sanitaire, formés aux techniques d’investigation avec la possibilité selon la présidente de l’instance faîtière, d’être primés par une bourse de production à la fin du processus. Le tandem Upmb-Société civile a mis cette année la barre très haute pour apprendre aux journalistes à détecter, traiter et dénoncer les actes de corruption dans la rigueur et la responsabilité. Ainsi, la lutte contre la corruption n’a de chance de prospérer que si elle devient une cause transversale, inclusive où plusieurs acteurs interagissent. Dans cette mosaïque, le journaliste se présente comme « l’éclaireur sur la vérité des faits en matière de corruption », a rappelé le maire de Bohicon Rufino d’Almeida aux 40 participants. Face aux nombreuses attentes des journalistes en l’occurrence la protection des sources, l’appropriation des outils qui permettent de mener efficacement une enquête, la société civile apporte un début de réponse. Et elle croit en un renvoi d’ascenseur. « Notre vœu est que les journalistes et les médias du Bénin pratiquent davantage des investigations, aillent au-delà de simples révélations et se mettent en réseau pour développer une base de données d’articles de presse concernant la corruption et les crimes économiques », a déclaré la présidente de Social Watch Bénin, Blanche Sonon.

Un contexte si particulier…
Malgré les nombreuses réformes législatives et institutionnelles intervenues ces dernières années pour lutter contre la corruption dont la création de la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (Criet) et le vote d’un code pénal élisant encore plus formellement certains actes de corruption au rang de crimes économiques, le mal résiste. Les journalistes ont alors bénéficié d’une immersion dans les instruments nationaux et internationaux de lutte contre la corruption ; de précieuses informations à verser au public afin qu’il s’en imprègne au quotidien à titre préventif. Un autre contexte particulier dans lequel se tient cette formation est l’investigation groupée qui permet aux journalistes issus de plusieurs nations ou de différents organes de presse, de conduire une enquête et de la mener à termes. Le journalisme consortium est présenté aux participants par le formateur François Awoudo comme une réponse rationnelle à l’amenuisement mondial des ressources dédiées à l’investigation au niveau des rédactions. Deux autres vagues de journalistes sont attendues pour être entretenus sur la même thématique de la lutte contre la corruption les 06 et 09 Juillet prochains notamment à Bohicon et Parakou.





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