Journée Mondiale de l'Hygiène Menstruelle : Message de Emenique Mireize Alladatin

29 mai 2020

Chers gouvernants, acteurs de la société civile et citoyens,
Célébrée depuis 2014, la journée mondiale de l’hygiène menstruelle nous invite à réfléchir, à appréhender et à mieux cerner l’intégration de l’hygiène menstruelle dans nos actions de développement. Travailler à améliorer les conditions de vie et le statut des femmes est un facteur essentiel de développement juste et durable.
Si les menstruations sont un processus biologique, dans de nombreux pays comme le nôtre, elles sont considérées comme un tabou. A défaut d’information, de protection et d’hygiène, le bien-être et la santé des femmes sont parfois mis en péril.
Le manque d’accès à des infrastructures adaptées et des matériels adéquats a un impact sur la santé ; la mobilité des femmes et la scolarité des filles.
En effet, le défaut d’hygiène corporelle favorise les risques de proliférations de bactéries, le recours au matériel non hygiénique et/ou changé peu fréquemment, ou encore le lavage et séchage dans de mauvaises conditions des protections, sont autant de facteurs affectant la santé des femmes.
Vous convenez avec moi donc, qu’il nous faut donc résolument développer des infrastructures adaptées aux besoins spécifiques des filles et femmes.
Il s’agit par exemple de permettre aux filles et au femmes ou qu’elles soient (marchés, écoles, hopitaux, lieux d’apprentissage, bureaux) d’avoir accès à :
- de l’eau propre et du savon pour se laver et laver ses produits (point d’eau dans les toilettes ou présence de douches) ;
- des infrastructures non-mixtes (séparation clairement identifiable de toilette pour femme / fille et garçon / homme) ;
- des infrastructures sécurisées (présence de verrous dans les cabines, des infrastructures pas trop éloignées pour éviter les risques d’agressions)
- Infrastructures favorisant l’intimité (murs/cloisons d’intimité) ;
- Infrastructures éclairées ou laissant passer la lumière (tout en respectant l’intimité) ;
- des dispositifs pour gérer les déchets menstruels (de manière hygiénique, pratique et discrète) ;
- des dispositifs pour nettoyer et sécher ses produits d’hygiène en toute discrétion ;
- produits d’hygiène menstruelle adaptés, abordables et disponibles localement (produits jetables, lavables, sous-vêtements...) ;
- l’éducation de base à la santé menstruelle.

Nous constatons à partir de ces critères sus mentionnés que cette dimension est encore trop négligée dans nos politiques, stratégies et actions. Il est alors impérieux de mettre un terme à la précarité liée aux menstruations et créer un monde dans lequel aucune femme et aucune fille n’ait à restreindre son impact socio-économique du fait de ses menstruations.
Ensemble, nous pouvons mettre un terme à la précarité menstruelle d’ici 2030.





Dans la même rubrique