Retour des biens culturels : le Bénin sera-t-il prêt pour l’échéance ?

Arnaud DOUMANHOUN 16 juillet 2020

La France redonne espoir. La volonté du président Emmanuel Macron est manifeste. Le gros verrou de la loi est en voie d’être sauté, si les parlementaires français accordent leur violon sur la dérogation, au principe d’inaliénabilité qui est, en droit français du patrimoine culturel, un principe protégeant les collections dans les établissements culturels notamment les musées. Mais le Bénin, pour ce qui nous concerne, est-il prêt du point de vue aménagement des infrastructures ?
Une question qui refait surface après cette avancée du gouvernement français. Ailleurs, les choses évoluent et légitimement, l’on est bien en droit de se demander, les progrès qui soutiennent la volonté politique affichée par Patrice Talon, de célébrer le retour de ces œuvres sur leur terre natale. A l’occasion d’une conférence de presse le 21 août 2019, le président du comité béninois ayant en charge le retour desdits œuvres, le professeur Noureini Tidjani-Serpos déclarait : « Le Bénin est prêt à accueillir les 26 œuvres et celles à venir. Les esprits de notre pays sont prédisposés à leur retour. Nous ferons en sorte que ces œuvres puissent circuler à travers le pays, même s’il n’y a pas encore une infrastructure pour les abriter. Nous allons bientôt faire le rapport au Chef de l’Etat pour lui dire tout ce qui a été fait ». Le discours est-il le même ? Quel est le point ?
Une chose est claire, l’opinion publique doit être située. Si la France poursuit les efforts, le Bénin devra en faire plus. Il faut rappeler que ce comité, présidé par le professeur Noureini Tidjani-Serpos, a été installé officiellement le mardi 18 septembre 2019. Entre la volonté d’accueillir et de faire circuler les œuvres et l’impérieuse nécessité de leur garantir des conditions de détention appropriée, il faut choisir.

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