Lutte contre le Tabac au Bénin : La chicha interdite dans les lieux ouverts du Zou

Fulbert ADJIMEHOSSOU 6 janvier 2021

Enfin, les préfets entrent en guerre contre la Chicha. Du moins, c’est celui du département du Zou qui lance les hostilités, à travers un arrêté en date du 4 janvier 2021 portant interdiction de la consommation de la Chicha dans les lieux ouverts au public dans le département du Zou. Par cet acte, l’autorité préfectorale veut empêcher les nuisances liées aux attroupements de personnes fumant la chicha dans les débits de boissons, les maquis, les boîtes de nuit, les restaurants, et tous les autres lieux de manifestations publiques sur son territoire de compétence. Les autorités policières, les structures décentralisées des ministères du cadre de vie et du développement durable et du ministère de la santé ainsi que les maires des communes du Zou sont d’ailleurs instruits à l’effet de faire une application stricte et rigoureuse du présent arrêté.

Au nom de la santé publique !
En effet, la Chicha est une forme de tabac fumée avec une sorte de grande pipe à eau. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, cette nouvelle forme de tabagisme devenue populaire a un caractère "addictif et dangereux". « Toutes les études réalisées à ce jour ont conclu que la fumée de tabac par pipe à eau contient des quantités importantes de substances toxiques connues pour entraîner des maladies chez les fumeurs de cigarettes, y compris des cancers, et qu’au moins certaines d’entre elles sont effectivement absorbées par les utilisateurs de narguilé et donc présentes dans leur haleine, leur sang et leurs urines », note l’OMS dans une note consultative sur le tabagisme par pipe à eau en date du 20 juillet 2017. L’organisation mondiale de la santé va plus loin et renseigne que « les données montrent que le tabagisme par pipe à eau est probablement associé à des cancers de la bouche, de l’œsophage et des poumons, et potentiellement à ceux de l’estomac et de la vessie. Des preuves d’association avec des maladies respiratoires, des maladies cardiovasculaires, des parodontopathies, un faible poids de naissance, des rhinites perannuelles, une infertilité masculine, un reflux gastro-œsophagien et une altération de la santé mentale ont également été mis en avant ».

Au nom de la loi !
L’usage du tabac est bel et bien réglementé au Bénin. L’article 4 de la loi N" 2017-27 du 18 décembre 2017 relative à la production, au conditionnement, à l’étiquetage, à la vente et à l’usage du tabac, de ses dérivés et assimilés en République du Bénin est bien claire à ce sujet : « Il est interdit de fumer dans tous les lieux à usage collectif fermés ou couverts, qu’ils soient publics ou privés : lieux d’accueil du public, lieux de travail, moyens de transports et le cas échéant, tous outres lieux à usage public ». Les sanctions prévues à cet effet sont contenues dans l’article 26 : « L’exploitant ou le responsable des lieux censés être non-fumeurs tels qu’énoncés à l’article 4 de la présente loi est tenu de prendre toutes les dispositions pour faire respecter I ‘interdiction de fumer y compris I ‘opposition, de façon visible et claire de la signalétique définie par acte réglementaire, sous peine d’une amende de cinquante mille (50 000) à trois cent mille (300 000) francs CFA ».
Il est de la responsabilité première des communes de s’en préoccuper. Mais au fond, c’est à l’Etat que revient la lourde responsabilité d’interdire non seulement l’usage de la chicha, mais en rejoignant d’autres pays de la sous-région par l’interdiction même de l’importation et de la commercialisation de ce produit. Le Rwanda l’a fait quelques mois après la note consultative de l’OMS en 2017. Très récemment, c’est le Sénégal qui a suivi la logique préventive. La santé de tous en dépend.





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