Montée des eaux : Flambée des prix de poissons d’eau douce à Calavi Tokpa

La rédaction 18 septembre 2020

La période de montée des eaux est aussi celle où les poissons d’eau douce se font rares dans les marchés situés sur les rives du Lac Nokoué. A Calavi-Tokpa, les usagers font déjà face à la cherté de ces produits halieutiques très appréciés.

Dame Estelle Kodossafoun ne craint point le soleil. Son souci, ce vendredi 11 septembre 2020, c’est de parvenir à trouver des poissons de qualité, à moindre coût. Et au marché Calavi-Tokpa, la tâche ne sera pas facile. Difficile d’y circuler aisément en raison des tas d’ordures entreposés çà et là et de la boue qui s’érige en maître par ces temps pluvieux. Les négociations du poisson durent plusieurs minutes. « Les poissons sont chers actuellement. C’est la raison que les bonnes dames nous donnent le plus souvent. Et cela à cause de la fraicheur et de la montée des eaux », confie-t-elle.
Sur les étalages et en paniers, on retrouve le Carpe appelé ‘’Apkavi’’ en langue Fon, le poisson ‘’Djan’’ en Goun ou Bololo en Mina et ‘’Finmou’’ par les fons. On distingue aussi les variétés telles que ‘’Zavou’’ , ‘’Tchèkè’’, ‘’Houétin’’, ‘’Gban’’, ‘’Guésou’’, et les ‘’Xwa’’. Tout comme Dame Estelle, elles sont nombreuses à faire la ronde et à négocier le prix des poissons d’eau douce. Rassemblées autour des vendeuses, ces clientes sont à la recherche de la meilleure qualité possible. Mais pour l’avoir, en ces temps-ci, il faut s’armer de patience et aimer dialoguer. Le souci des vendeuses est de livrer la marchandise au meilleur prix. « Compte tenu du coût élevé des poissons ces temps-ci, les clientes se retournent », affirme Francine Dansou, l’une des vendeuses les plus réputées du marché. A ces dires, la montée des eaux ne favorise pas la reproduction des espèces halieutiques. La fraicheur ferait que les pêcheurs ont de la peine à en trouver assez.
Autrefois les poissons abondaient et étaient à la portée de toutes les bourses. Mais avec le temps, les données ont encore changé « Les poissons que nous vendons autre fois à 5000f aujourd’hui nous les vendons a 3500f », dit Séraphine, une autre vendeuse. En cas de mévente le reste du stock passe au salage et au séchage ou encore au fumage en vue d’éviter des pertes.
En dépit des difficultés dans la vente du poisson, Francine Dansou s’accroche à cette activité. La morosité ambiante dont se plaint le plus souvent la clientèle et le calvaire des vendeuses exposées aux intempéries font désormais partie de son quotidien. Aucun stand pour les abriter. C’est un marché à ciel ouvert ou circulent les motocyclistes « Nous n’avons pas d’emplacement nous restons, Nous restons au soleil toute la journée et dans l’humidité, quand il pleut », se plaint-elle.
Sakinatou OROU N’GOBI & Edit Cocou DOSSEH





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