Opération RAVIP à Godomey : Un vrai parcours de combattant avant l’inscription

21 avril 2022

La phase complémentaire de l’enrôlement au Recensement Administratif à Vocation d’Identification personnelle (RAVIP) est en cours de déroulement et se poursuit jusqu’au 22 avril prochain. A l’arrondissement de Godomey, les conditions du déroulement de l’opération marquées par une forte affluence et le manque de personnel sur le terrain soumettent les populations à de rudes épreuves.

L’entrée principale de l’arrondissement de Godomey retient l’attention. La forte affluence qui s’y trouve impressionne. L’obligation rappelée aux engins à deux roues d’aller au garde-vélos pour libérer la façade attire aussi l’attention. Une légère altercation intervient. Ceux qui estiment qu’ils n’ont pas assez de temps à passer ne s’y résignent pas. Mais celui qui intime l’ordre insiste. La cour de l’arrondissement grouille de monde. Enfants saisis par la main des grands, adultes, personnes de 3ème âge tous genres confondus, paradent dans tous les sens. En se dirigeant vers l’administration, du côté droit délimité par des tables, autour d’un hangar érigé au ras du mur, l’afflux des visiteurs est plus intensifié. Le ciel menace de pluie et lâche des gouttelettes. Sur des visages, se lisent la fatigue et la désolation. D’autres, désespérément assis à des endroits, attendent avec impatience leur tour. En face du hangar, un rang de foule qui s’écrase peine à bouger. Quant à sa queue, elle s’allonge. Sous le hangar, deux agents enrôleurs, avec en mains une tablette chacune, reçoivent en face d’elles deux personnes. Autour d’elles, sur des tables ou agrippés au mûr, des gens se sont installés.

Des plaintes s’enregistrent
L’engouement pour se faire enregistrer se manifeste. Les étapes à franchir avant d’y parvenir semblent aussi contraignantes que tracassantes. A côté du rang pressant en face des agents enrôleurs, un groupuscule de cinq constitués de vieux et des dames en quête d’informations se bouscule. Une voix masculine s’élève au sein du groupuscule : « Nous voulons faire le RAVIP. Est-ce que c’est bien ici » ? La réponse ne s’est pas fait attendre pendant qu’un agent leur demande de libérer la place : ‘’C’est ici, mais vous devez aller chercher d’abord le numéro d’ordre d’arrivée au portail avant de regagner le rang’’. Retour au portail pour retrouver celui qui délivre le numéro en question. Sur la cour, entre connaissances, des discussions laissent entendre des informations peu encourageantes. « Nous sommes venus de Womey à 1 heure du matin pour nous inscrire. A 5 h du matin, j’ai dû laisser ma femme et les enfants ici pour rentrer et on a pris ‘’zémidjan’’. Je reviens et on me dit que c’est seulement 30 personnes qui ont été retenues sur la liste pour aujourd’hui. Alors qu’il y a 3 jours qu’on fait cette navette ». Un autre reprend : « Je suis venu hier aux environs de 8h30. Ils m’ont dit que la liste est déjà saturée et que je dois venir au plus tard à 1h du matin pour pouvoir être parmi les 15 ou 20 premiers. J’ai passé la nuit ici avec la petite famille mais nous ne nous sommes pas encore fait enregistrer et nous ne savons pas si nous pourrons le faire aujourd’hui ». « Deux agents seulement pour ce monde, même un mois de prorogation de la date ne suffira pas », s’indigne une autre citoyenne. Une personnalité, acteur politique fait son entrée et se dirige droit vers le lieu d’enrôlement avec son équipe. Cette présence pour un constat de visu n’a pas l’air d’agréer un des agents qui ne semble pas prête à éclairer la lanterne des invités observateurs sur le fait que le nombre à enregistrer par jour est limité à 30. Sur insistance, elle a dû démordre. « Il y a ceux qui n’ont pas d’acte de naissance et autres cas. Et il faut pouvoir les ajouter », fait-elle savoir. Les populations devront faire face à de rudes épreuves avant d’entrer en possession du précieux sésame. Pour l’heure, la réalité est la même avec insuffisance du personnel et de matériels.
Fidégnon HOUEDOHOUN (Stag)





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