Opérationnalisation de la surveillance des plans d’eau : Au-delà de la dissuasion, freiner la contamination

Fulbert ADJIMEHOSSOU 18 mai 2021

Elle sera bientôt opérationnelle, la brigade de surveillance des plans d’eau du Bénin. Ils sont 55 agents, dont 02 Inspecteurs du développement rural, 11 contrôleurs de développement rural et 42 ouvriers spécialisés des services généraux de l’administration, à être retenus après leur formation à l’École Nationale des Sous-Officiers de Ouidah. Corps et âme, ils devront combattre les comportements illégaux des populations qui contribuent à dégrader les écosystèmes lacustres.

En finir avec les facteurs de dégradation
En effet, c’est un secret de polichinelle que les plans d’eau au Bénin sont sujets à de fortes pressions anthropiques au point d’être par endroits au bord de l’asphyxie. Les capacités de production ont chuté, des espèces ont disparu ou deviennent rares, la superficie se trouve en régression du fait des comblements. Et si certains pêcheurs n’ont pas froid aux yeux à dire leurs contraintes à se nourrir de poissons congelés et que d’autres ont dû se reconvertir à d’autres activités, c’est qu’il y a urgence d’agir. Fort heureusement, le Gouvernement l’a compris. Le Lac Ahémé et la Lac Nokoué assainis, c’est la brigade de surveillance qui est appelée à faire le suivi. Même si les moyens, c’est-à-dire 45 hommes, 9 barques en fibres de verre et 12 moteurs hors-bord pour plus de 200 km2, les deux principaux lacs réunis, ne sont pas proportionnels à la taille des défis, l’initiative qui est à son début est à saluer. D’autres ne devront pas tarder pour renforcer.

Surveiller de près les alentours
Il faut dissuader pour que cesse le recours aux engins prohibés, mais le danger pourrait se retrouver également dans les bassins versants, où se pratiquent certaines activités agricoles voire industrielles qui pourraient nuire aux plans d’eau. Un éminent chercheur béninois a d’ailleurs acclamé cette opérationnalisation imminente de la surveillance des plans d’eau avant de plaider pour plus. « Je serais très heureux que cette brigade puisse verbaliser les paysans qui appliqueront des Pops et des engrais chimiques dans les bassins versants de nos cours d’eau. Ce ne serait qu’une application logique et conséquente du principe général de la GIRE. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Alors, j’acclamerai des deux pieds. Du courage, encore un effort ». La bataille ne sera pas sans doute seulement celle de la brigade de surveillance des plans d’eau. Les coups de mains de la police environnementale, de l’administration forestière et de la police fluviale sont attendus. Et pourquoi pas, un plan de monitoring de nos bassins. Puisque, trois ans après sa survenue, le mystère du lac Toho ayant vu décimer le samedi 19 mai, une masse de poissons est encore dans les esprits.





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