Pandémie du Coronavirus et dépôt des algues sur la côte : Double supplice pour le secteur de la pêche

La rédaction 7 mai 2020

Tout est au ralenti depuis l’avènement du corona virus au Bénin. Tous les domaines d’activités ont été piqués au vif. Le long de la côte, les pêcheurs tentent de s’adapter, surtout avec l’envahissement ces jours des plages par des algues.

C’est le calme plat à Fiyegnon Plage dans le 12e arrondissement de Cotonou. Il y a de cela quelques semaines encore, l’on pourrait admirer le travail rythmé des pêcheurs le long de la côte. La senne de plage est un engin de grande envergure, qui fait plus de 400m de long que les pêcheurs déploient à partir du rivage. Quand le filet atteint finalement la plage, il revient lourdement chargé de poissons, en majorité de sardine. Les visiteurs à cœur joie, contemplaient avec exaltation ce travail d’équipe qui requiert force, passion et amour pour la mer. Mais la senne de plage s’est estompée, à l’avènement du coronavirus, au regard de sa capacité de mobilisation de la foule. Néanmoins, certains continuent de jeter leurs filets à l’eau. « Au début, nous n’allons pas à la pêche, mais à cause de la situation économique, nous sommes obligés de le faire », confie Rodrigue Houessou, pêcheur à Fiyegnon.
De même, la période de pâques pour beaucoup de pêcheurs correspond à la période de repos. Ces derniers en profitent pour prendre des congés d’une trentaine de jours minimum. « Le coronavirus n’a pas agi pour autant sur les mouvements de pêcheurs. Seulement que la population qui va acheter les produits de pêche a déserté un peu », analyse Zacharie Sohou, Directeur de l’Institut de Recherche Halieutique et Océanologique du Bénin (Irhob).
De telles perturbations ne sont pas sans conséquences sur le panier de de la ménagère. Les revendeuses de poissons fumés se plaignent. « Les citoyens ne viennent plus acheter comme avant pour l’unique raison que les prix des poissons ont augmenté », précise une revendeuse, pour qui, cette flambée de prix se ressent sur plusieurs autres articles.

Les algues s’en mêlent
Même si cet état de chose résulte des séquelles de mesures barrières contre le Covid 19, le directeur certifie que cet intervalle traversé est délicat pour les caboteurs voire pour la pêche. En cette période de l’année, selon toujours ses dires, les pêcheurs sont confrontés de manière générale au dépôt des algues sur certaines côtes. Ledit dépôt rend difficile les activités de pêche. Ce phénomène est dû aux aléas climatiques liés à l’élévation des températures au niveau de la mer, aux larges de Floride. Avec le phénomène de la variation de la direction des courants, ces algues peuvent se retrouver sur nos côtes. « Il faut dire qu’actuellement, il y a moins de poissons parce que les algues sont apparues, ce qui fait qu’il y a très peu de poissons. Par rapport aux algues, les gens sont obligés de s’abstenir parce qu’il y a beaucoup de difficultés, ils n’ont pas beaucoup de poissons malgré les efforts qu’ils déploient », précise Zacharie Sohou.
A Fidjrossè, ce ne sont guère les algues qui indisposent les pêcheurs de ces côtes mais plutôt les restes d’un navire qui a coulé il y a quelques mois à huit cent (800) mètres du sable de la mer. Ces débris, dit le pêcheur Antoine Folly, sectionnent les filets lourdement nettoyés et valant une fortune.
Rebecca ADJINAKOU (Stag)





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