Pandémie du Covid-19 : Les préalables des syndicalistes avant la reprise des classes

Arnaud DOUMANHOUN 8 mai 2020

Une reprise, la peur au ventre. Le gouvernement a prononcé son verdict sur la réouverture des classes à partir du 11 mai prochain. Face à la menace de la pandémie du Covid-19 nombreuses sont les mesures prises en conseil des ministres du mercredi 6 mai, pour rassurer les acteurs du système éducatif. Pourtant, elles sont loin de satisfaire aux exigences des responsables syndicaux. « Le port systématique de masques et le dépistage dit progressif des seuls enseignants n’assurent aucune garantie de sécurité pour les usagers des écoles », a déclaré le Secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), Anselme Amoussou, avant de s’interroger sur la disponibilité en nombre suffisant des dispositifs de lavage de mains, le dépistage des apprenants et la situation des écoles qui ont servi de lieu de confinement.
La reprise des classes dans ce contexte d’inquiétudes et d’incertitudes fait donc réagir les acteurs syndicaux qui ont surtout déploré avoir été écartés des réflexions ayant abouti aux conclusions du conseil des ministres du 6 mai dernier. Au ministère des enseignements maternel et primaire, les acteurs du système éducatif en général et en particulier les membres de la partie syndicale de la Commission administrative paritaire ne se retrouvent pas non plus, dans les conclusions du Conseil des ministres.
Dans une déclaration en date du jeudi 7 mai, signée par leur porte-parole, Fabrice Hounsounou, ils dénoncent l’attitude de leur autorité de tutelle qui n’a pas daigné les rencontrer suite à leur demande d’audience. Cette audience sollicitée par les partenaires sociaux depuis le 27 avril 2020 visait « à faire l’état des lieux de la prévalence du Covid-19 dans le rang des apprenants et des enseignants puis d’échanger sur les mesures pratiques prises par le gouvernement pour concilier les activités académiques et les mesures barrières ».
En l’absence de ce dialogue que déplore également le Secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), Anselme Amoussou, le gouvernement a rendu publique sa décision, qui en réalité ne prend pas en compte les différentes propositions rendues publiques par les partenaires sociaux notamment les centrales syndicales. « Le désarroi s’est emparé du monde enseignant, des apprenants et parents d’élèves dès l’annonce de ces décisions qui maintiennent en l’état les inquiétudes de départ ». Telle est la substance de la déclaration signée par Fabrice Hounsounou.
Selon Anselme Amoussou, il est impossible de faire respecter les mesures de distanciation et d’interdiction des regroupements à plus de 50 personnes, dans la plupart des établissements secondaires. Selon le conseil des ministres, la reprise des cours pour les écoliers du Cours moyen 2ème année (CM2), les élèves des collèges et lycées et les étudiants est fixée au lundi 11 mai. Les écoles maternelles et les garderies resteront fermées jusqu’à la prochaine rentrée des classes. Quant aux écoliers des classes de Cours d’Initiation (CI) au cours moyen 1ère année (CM1), ils retourneront en cours du 10 août au 4 septembre et subiront leurs évaluations du 7 au 11 septembre 2020.
Mais pour Anselme Amoussou, il n’est pas judicieux d’envoyer les élèves se mettre en danger, dans les classes à effectifs pléthoriques et dans les cours de récréation des écoles publiques qui n’ont pas reçu les subventions pour faire face aux dépenses urgentes nécessaires aux mesures minimum de sécurité. Comment peut-on interdire la célébration des cultes et autoriser une reprise entière des classes pour les collèges de 3000 élèves confinés dans des espaces réduits de quelques mètres carrés ? La reprise des cours pour les classes intermédiaires du primaire fixée en août répond à quelle logique pédagogique ? », S’est-il interrogé.
C’est dire que les différents acteurs ont besoin d’aller à une table de dialogue pour des mesures consensuelles.





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