Passage du secondaire à l’université : la vie d’étudiants, au piège du libertinage

La rédaction 23 août 2022

Les étudiants, après avoir tourné le dos au règlement intérieur régissant les cours secondaires, confondent la vie estudiantine au laxisme en matière de conduites à tenir. Une situation qui, au regard de son ampleur, ne laisse personne indifférent au haut lieu du savoir du Bénin.

La vie estudiantine à l’Université d’Abomey-Calavi s’apparente à une liberté hors norme. Si aucune pression de la part des autorités décanales à chaque niveau n’impose la stricte conduite à tenir dans leurs départements respectifs, les étudiants qu’ils accueillent étendent ce laisser-aller à un niveau inquiétant. A l’Université d’Abomey-Calavi, il est aisé de voir les étudiants se délecter dans le retard au cours et dans l’absentéisme. A cela s’ajoutent le manque de décence dans le style vestimentaire, les actes de vandalisme dont font montre des étudiants membres de certaines institutions à caractère politique ou syndical pour ne citer que ceux-là. Pour ceux-ci, la vie à l’université est synonyme de libertinage. Cette situation ne manque pas d’attirer l’attention d’autres étudiants qui expriment leur ressenti. Pour Véronique « ces étudiants viennent au cours comme bon leur semble, ce qui laisse à croire que suivre les cours dans les amphis est facultatif ». Dans le même sens abonde Timothé « les étudiants viennent au cours comme ils veulent sans se soucier de quoi que ce soit ». Pour docteur Dénis Hodonou, Socio-anthropologue et chercheur à l’université d’Abomey Calavi, « La façon de se comporter de ces étudiants n’est plus la même que quand ils étaient des élèves. Ici on est étudiant. Et comme on est habitué à le dire, nous menons des études supérieures. Et ici dans le monde universitaire, le contrôle parental ou celui des enseignants ne se passe plus de la même façon ». Il ajoute que pour ces étudiants, c’est le moment de profiter de la vie sans se soucier des inconvénients. Pour lui, on devient plus libre dans le monde universitaire que dans celui scolaire.

« On est devenu plus ou moins autonome ou responsable face à des décisions données en ce qui concerne notre vie privée. On n’a plus quelqu’un pour nous dire voici ce qu’il faut faire voici la façon dont il faut se comporter pour réussir les études » renchérit le psychopédagogue. Le spécialiste poursuit en confiant que « cette liberté est une liberté de responsabilisation, de prise de conscience et de son avenir en main. Si c’est cette liberté, alors c’est une liberté bénéfique pour l’étudiant ». Selon lui, on étudie non pas seulement pour réussir académiquement mais aussi pour devenir plus responsable que jamais et prendre des décisions pour mieux orienter sa vie. « Et cette liberté universitaire est un droit humain dont chaque personne doit bénéficier. Donc ce n’est pas quelque chose de mauvais. Non, c’est quelque chose qui contribue à l’épanouissement de l’être humain », a signalé le psychopédagogue. Aussi confie-t-il qu’ils prennent des substances interdites parce qu’on pense que c’est maintenant qu’on veut s’épanouir ou c’est comme ça qu’on a droit de faire ce qu’on ne faisait pas. Il suggère donc que « Les ministres des divers ordres d’enseignements et d’autres structures qui sont dans l’éducation ou qui sont dans la famille ou dans le social doivent faire un travail d’ensemble pour qu’on ne constate pas une rupture nette entre le monde scolaire et le monde universitaire. On constate en effet que quand les jeunes quittent le collège pour l’université, ils sont parfois dépaysés et cet état-là amène un changement radical de ce qu’ils ont appris jusque-là de même qu’on a envie de dire maintenant je suis étudiant et je suis libre de faire ce que je veux. Il est donc important que tous les compartiments de notre société fonctionnent en symbiose », a fait savoir le spécialiste.
Véran Meuris DANSOU (Stag)





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