Pluies diluviennes à Abomey-Calavi : Togba, Ouèdo et autres pratiquement coupées de la ville

Patrice SOKEGBE 23 juin 2020

L’arrondissement de Togba vit une période chaotique, surtout en cette période de forte pluie. Dans la descente qui y mène, les riverains vivent un calvaire sans précédent. La déviation devant servir aux usagers pour contourner le pont en construction est impraticable. Difficile d’accéder à l’autre bout de l’arrondissement. Sur les lieux se trouve une vaste étendue d’eau divisant ainsi la voie en deux. Tous les usagers n’ont d’autre choix que d’éteindre leurs engins et de traverser l’étang d’eau à pieds. Les plus courageux ont l’eau à la hanche. Les moins courageux rebroussent chemin. Peur, panique, stress, énervement, injures…, toutes les émotions étaient au rendez-vous pour vivre cette aventure ambiguë. La moindre erreur, et les usagers risquent de se faire emporter dans les bas-fonds qui se situent aux extrémités de la voie. « La voie est très dégradée. Ça porte trop de préjudices à nos populations. L’eau est complètement sortie de son lit, elle a carrément débordé. Et c’est le pire que nous vivons actuellement. C’est très difficile de traverser cet étang. Il n’y a rien à faire, la moto doit s’éteindre obligatoirement. On essaie de grimper par une pente, mais ça ne marche pas. Puisque c’est de l’argile, la pente est glissante. Il y a des riverains qui nous aident à monter dessus contre une somme forfaitaire de 200 Fcfa. C’est très difficile d’y passer et d’aller au boulot le matin et de revenir le soir », fustige Raouf Traoré, un riverain.

Le mercure monte

Selon Raouf Traoré, cette situation nourrit une certaine révolte au sein de la population. « En réalité, la déviation devrait être aménagée. Et pis, les camions n’ont de pitié pour personne. Si vous avez la malchance d’être dans les parages, ils vous éclaboussent et continuent leur chemin. La situation est très critique. Et nous avons toutes ces difficultés à traverser. Notre état de santé est mis en danger, nos motos sont systématiquement endommagées. C’est une équation difficile à résoudre. Même quand on va en ville, et qu’on pense au retour, on a envie d’y rester. Cette situation nous rend vraiment la vie difficile. Notre seule solution, c’est de prendre par Hêvié, mais on ignore l’état de cette voie », dit-il. Les usagers redoutent plusieurs conséquences, notamment sanitaires et matériels. « Depuis 4 jours, la chaîne de ma moto s’est endommagée, et cela nécessite des dépenses ». Ne pouvant pas supporter les désagréments, Mickael Kassifa a quant à lui trouvé une autre déviation pour se rendre à l’Université. Pour Germain, conducteur de Zémidjan, ces inondations que connait la commune d’Abomey-Calavi permettent de se rendre compte des défis à relever.





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