Port obligatoire de masque et lavage des mains : Les Cotonois baissent la garde, nécessité de plus de rigueur

La rédaction 24 avril 2020

A Cotonou et dans les autres communes du cordon sanitaire, le port de masque est obligatoire. Les unités de production se doivent aussi de disposer des équipements de lavage de mains. Mais, après bientôt un mois, les populations semblent tomber dans le piège du formalisme.

Cotonou est masquée. Sur les visages de ses habitants, des masques pour éviter le coronavirus. Mais il suffit de se concentrer une ou deux minutes en circulation, comme ce jeudi à l’échangeur de Houeyiho, pour comprendre que, dans le lot, il y a des exceptions. « Je ne l’ai pas porté parce que ça semble m’essouffler. En plus je suis dans un milieu bien aéré », se justifie Abraham, assis sous l’échangeur. Plus loin, dans la circulation, beaucoup manquent à l’appel. Certains accrochent juste cette barrière au coronavirus au menton, et attendent d’arriver aux carrefours pour se mettre aux pas, par peur des interpellations des policiers.
Certains conducteurs de Taxi-Motos ne cessent d’ailleurs de rappeler à l’ordre leurs clients. « J’oblige tous mes clients à porter leurs masques avant de monter sur ma moto sinon, ce n’est pas la peine », confie Valentin Adjovi, conducteur de taxi-moto. Tout porte à croire que les Cotonois tombent dans le piège du formalisme.

Vigilance !
Pourtant, le nombre de cas est croissant. Même en ce qui concerne le lavage des mains, le laxisme prend le pas. « Parfois, certains clients refusent carrément de se laver les mains ou de porter leurs masque avant de rentrer dans l’atelier et pourtant il y a le dispositif dehors juste à l’entrée pour le lavage des mains. Si le client refuse délibérément de se laver les mains, je suis obligé de les accepter comme ça », déclare Modeste Megnihoun, coiffeur à Mènontin.
Devant les boutiques, la tendance est pareille. Certains tenanciers sont obligés de faire le rappel sans cesse. « Au début, les gens se lavaient spontanément les mains. Mais beaucoup commencent à banaliser. Il faut tout le temps insister sur ça et sur le port de bavettes pour que d’autres se mettent aux pas », se plaint Chimène, gérante d’une boutique. Mais du côté des conducteurs de taxi-moto, certains passagers évoquent plutôt des problèmes de santé. « Je suis asthmatique. Je ne supporte pas le masque parce que quand je le mets je suffoque, j’ai toujours mon ventoline avec moi. Si les policiers m’arrêtent, je présente mon ordonnance du médecin pour preuve ». Cependant il est impérieux de rappeler que la lutte contre cette pandémie ne revient pas seulement au gouvernement, mais interpelle toute la population béninoise. Se protéger pour protéger les autres.
Rak FOUSSENI (Stag)





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