Préparatifs des fêtes de fin d’année : « Adogbè », une tontine pour ne pas être pris au dépourvu

La rédaction 27 décembre 2019

Il se développe de plus en plus au Bénin, une nouvelle forme de tontine. Elle consiste à souscrire à une épargne pour obtenir en fin d’années des ustensiles de cuisine, mais surtout des produits alimentaires pour festoyer en famille. Les acteurs en parlent.

Adogbè. En fon, cela signifie « collecter pour le ventre ». Mais au fond, cette nouvelle tontine en vogue semble être utile bien plus que pour le ventre. Le mode opératoire est la souscription en début d’année de l’épargne convertie en denrées alimentaires et autres pour les fêtes. Autrefois pratiquée dans les zones rurales, cette épargne s’est répandue également dans les villes mais de façon plus moderne. « La tontine Adogbè permet de venir en aide aux femmes au foyer qui rencontrent des difficultés ou qui n’arrivent pas à économiser. Les mises varient selon les biens à obtenir à la fin. Et après les différentes souscriptions, en fin d’année ces femmes repartent avec des sacs de riz, des pâtes alimentaires avec tout le nécessaire pour la sauce comme les boites de conserve, des bidons d’huile etc. Elles ont également droit à des boissons non alcoolisées et de la viande ou du poisson selon leur préférence et un peu d’argent », confie Valentine Tabè.

Avec Adogbè, on fête paisiblement
Les mises varient en fonction des capacités. Les produits obtenus aussi. Mais le plus important pour ces acteurs, c’est de pouvoir être heureux en période des fêtes. « Avec Adogbè, on fête paisiblement et la nourriture en ce temps de la rupture coule aisément. La fête de cette année sera encore plus réussie que les précédentes », souligne Vanessa, une ménagère à Akassato. Viviane Assogba, tenancière d’une agence de tontine va plus loin. « Ici, à la fin du Adogbè, on achète un bœuf et quelques volailles qu’on tue et qu’on partage aux femmes. C’est surtout pour avoir de la viande ou du poisson que les femmes de ces milieux le font ».
Mis à part l’approvisionnement en ressources animales et halieutiques, cette forme de tontine permet d’honorer des devoirs envers la famille de près comme de loin. « Grâce à cette tontine, mes parents seront comblés au village. Ils auront de quoi fêter. Autrement je serai prise au dépourvu et ce sera la honte de ma vie. Ce qui me rend plus heureuse c’est qu’avec Adogbè je n’achète pratiquement plus rien pendant les fêtes. Même mon mari est d’accord car ça lui allège la tâche. C’est pour cela qu’à l’approche des fêtes, on ne se plaint pas », se réjouit », Jeanne, une institutrice.

D’autres gadgets en vue
Les stratégies pour remédier à la morosité économique sont variées. La tontine Adogbè n’est pas que pour apaiser la faim mais pour aide également à épargner financièrement. En dehors de la nourriture, elle permet d’épargner afin de réaliser des projets. Adjokè nous donne les détails « Au lieu de vivres ou provisions, certaines souscrivent pour avoir la somme d’argent. Avec cette somme, la femme peut s’offrir tout ce qu’elles jugent important. Vous savez que la femme aime tout avoir dans son ménage, surtout ce qui est nouveauté ». Du côté de Georgette Bada, une responsable de tontine « Les gains en fin d’année sont multiples. D’autres en plus des vivres, reçoivent des tissus, des ustensiles de cuisine, des bols et parfois des appareils électroménagers et bien de choses intéressantes ». Ces initiatives montrent que les béninois ne se résignent pas à leur sort. Ils se battent bec et ongle pour faire face à la crise.
Emma AWONON (Stag)





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