Prévention et répression de faits criminels en fin d’année : La police et les parquets engagés, les malfrats ne démordent pas

Arnaud DOUMANHOUN 26 novembre 2019

Le salaire du péché. Neuf présumés braqueurs ont trouvé la mort, rien qu’en cette matinée du lundi 25 novembre, dans la commune d’Abomey-Calavi. Une preuve de plus, de la hausse de la courbe de la criminalité, sur l’ensemble du territoire national. « Les vols avec violence et les cambriolages sont devenus inquiétants dans notre pays… », a déploré le Procureur Général du Tribunal de première instance (Tpi) de première classe de Cotonou, Pierre Dassoundo Ahiffon, lors de la réunion de commandement avec les Officiers de police judiciaire (Opj), le vendredi 22 novembre à Cotonou.
S’il est vrai que ces derniers mois, les multiples assauts de la Police Républicaine contre les divorcés sociaux ont porté leur fruit, les résultats sont encore loin de combler les attentes légitimes des Béninois qui entendent jouir de leur droit constitutionnel : la sécurité dont l’Etat est garant.
« Les premiers mois de l’année 2019 ont été marqués par une évolution exponentielle des faits criminels dont plusieurs cas de vols avec violence. Mais à partir du mois d’août 2019, il a été enregistré une baisse substantielle de la criminalité notamment dans le départemental du Littoral. En ce qui concerne les braquages, il y a une baisse, mais en termes de cambriolage, la courbe est ascendante… », a déclaré le Directeur général de la police républicaine, Soumaïla Yaya au cours de cette rencontre avec le procureur général, Pierre Dassoundo Ahiffon et le procureur de la République près le Tpi de Cotonou, Mario Mètonou.
En terme clair, des efforts restent à faire, pour ne pas dire que face au déterminisme de ces individus en conflits avec la loi, la Police Républicaine est appelée à changer de fusils d’épaule. Il ne s’agira pas de surfer sur quelques butins, mais de mener la bataille jusqu’au bout. C’est cela la République, c’est cela le sacerdoce. Et cette jungle où malfrats et policiers sont en inimitié, le parquet a choisi son camp.
« Les instructions sont données pour un traitement avec la dernière rigueur. Ce sur quoi nous insistons, que les procédures soient formalisées comme cela se doit. Prenez le temps de rassembler les preuves. Au niveau du ministère public, nous sommes engagés à prendre les responsabilités qui sont les nôtres… », a insisté le Procureur Général du Tribunal de première instance (Tpi) de première classe de Cotonou, Pierre Dassoundo Ahiffon.
Pour le Procureur de la Républicaine près le Tpi de Cotonou, le défi doit être relevé : « Nous devons faire en sorte que cette psychose cesse », a-t-il déclaré. Sur son territoire pour le compte de la nouvelle année judicaire, le mot d’ordre est clair : « rendre Cotonou plus sûre ». Il suffira donc à l’échelle du territoire national de remplacer Cotonou : « rendre le Bénin plus sûr ». Mais à chacun ses obligations. D’ailleurs, contrairement aux juridictions liées au territoire de la commission d’une infraction (sauf à quelques exceptions près), la Police est nationale. En tout cas, pour le Directeur général Soumaïla Yaya, son institution est plus que déterminée : « Nous avons une stratégie de lutte globale qui combine la prévention et la répression. En ce qui concerne la prévention, nous avons renforcé la qualité des renseignements au niveau des commissariats et nous collaborons avec la Direction des services de liaison et de la documentation. Nous surveillons les points névralgiques c’est-à-dire les unités qui ont les dépôts d’armes, les centres de communications, les centres commerciaux et les institutions financières… ».
C’est dire que pour cette période de fin d’année, des dispositions supplémentaires sont prises. « Nous améliorons nos relations avec les collaborateurs extérieurs qui détiennent des informations qu’ils mettent à notre disposition. En terme de répression, au mieux nous interpellons et nous déferons, au pire nous réagissons pour la légitime défense », a renchéri Soumaïla Yaya.
Vivement que les fruits tiennent la promesse des fleurs. Les Béninois ne demandent pas mieux.



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