Prise de stupéfiants à l'approche des examens : Une pratique récurrente à multiples risques

La rédaction 17 juin 2020

Pour stimuler leur mémoire, vaincre la fatigue des révisions et réussir aux examens, nombreux sont les apprenants qui s’adonnent à la consommation de stupéfiants. Cette pratique, loin d’être la bonne méthode pour réussir, crée d’énormes dégâts sur la santé du consommateur.

L’approche des examens est une période stressante pour bon nombre de candidats. Particulièrement cette année, ce stress est beaucoup plus accrû chez les apprenants en classe d’examens, à cause des semaines de cours ratées pendant la période de crise sanitaire due au coronavirus. « Nous sommes restés à la maison pendant près de six semaines. Et à la reprise nous n’avons plus eu assez de temps pour poser de questions et faire assez d’exercices d’application. Je ne me sens pas encore prête pour ces examens nationaux », a confié Dorcas S, candidate au Bac, au Ceg Entente.
Et à la reprise après les congés prolongés, l’accélération des cours et des révisions augmente la peur chez les candidats. « Avec la rapidité avec laquelle nous avons fini le programme, je me demande si je pourrai avoir le temps d’assimiler tous les cours avant les examens », a déclaré Fidèle H, candidat au Bepc au Complexe scolaire ‘’Le Messie’’.

Une option risquée
Afin de pouvoir venir au bout de cette inquiétude générée par la peur et la fatigue tout en poursuivant les révisions, nombre de ces apprenants font recours aux produits dopants. Selon Dr Junias Nikoué, psychoclinicien à la clinique Ste Famille de Fifadji, les raisons de cette pratique sont multiples et varient d’un candidat à un autre. A la veille de l’examen, à l’en croire, l’apprenant qui n’avait pas l’habitude d’apprendre ces cours au jour le jour, se dit qu’il n’a rien dans la tête et se demande ce qu’il va rendre le jour de l’examen. « La peur s’installe et c’est le moment où il veut tout apprendre du début jusqu’à la fin. Cette volonté de tout faire en même temps les amène à faire recours à ces produits combien néfastes pour leur santé. Par contre, d’autres utilisent ces produits parce qu’ils sont débordés de zèle et qu’ils ne veulent rien laisser avant d’aller composer », a-t-il laissé entendre.
Ceux qui s’adonnent à la prise de ces substances ont l’illusion qu’ils acquièrent une force supplémentaire et arrivent à mieux garder les cours. Une option qu’ils auraient pu éviter avec une bonne organisation. « La plupart de ces apprenants ne sont pas assez bien organisés dans la gestion de leur temps de travail. Ils sont donc surpris, à l’approche des examens, par le nombre de cours à apprendre. Ils optent alors pour la consommation de ces drogues pour rattraper le temps perdu », déplore Armel Ahissou, enseignant des sciences physiques avant d’ajouter que les risques d’une telle pratique sont énormes pour la santé.

« De la dépendance… à la dépression »
Les répercussions sont énormes sur la santé. Cela va de la dépendance à l’amnésie en passant par la dépression et les troubles de fonctionnement de l’organisme. Pire, elles peuvent avoir comme effet le contraire de ce qu’on escomptait. Au lieu qu’elles aident les apprenants à maîtriser leur cours, ces produits leur donnent la fatigue psychologique qui n’est guère favorable aux études. « Ces substances, qu’elles soient légales ou non, occasionnent de nombreux dégâts sur la santé. Elles fonctionnent comme des drogues. Elles privent de liberté celui qui les consomme. Elles amènent les consommateurs à la dépendance physique ou psychique, provoquant même parfois des lésions très graves », souligne le psychoclinicien Dr Junias Nikoué. Il explique que la dépendance se manifeste chez l’individu par l’accoutumance et le désir de récidiver. Même après les examens, dit-il, ces apprenants ressentiront le désir de continuer la consommation de ces produits. Et ceci, en plus fortes doses. Ces substances peuvent provoquer également de l’insomnie et l’agitation. Quand elles sont ingurgitées durant une longue période cela peut entraîner la folie. Cependant, il existe des moyens simples et efficaces pour gérer ces périodes de stress sans passer par les stupéfiants.

La solution : mieux s’organiser
« Il faut une organisation interne chez les apprenants. Ils doivent établir un emploi du temps pouvant leur permettre d’alterner étude et divertissement. Il faut qu’ils arrivent à faire des synthèses de cours pour gagner en temps », conseille Wilfried Tobessi, enseignant des sciences de la vie et de la terre. Le psychologue, quant à lui, recommande aux candidats d’avoir de l’estime de soi pour ne pas faire recours aux stupéfiants, de prendre une cuillère à café de miel par jour afin de facilite l’assimilation des cours appris. Les exercices de relaxation et le sport favorisent aussi le bien-être et diminue le stress. Il précise également que les parents ont un rôle important dans la gestion du stress que vivent les candidats dans cette période de révisions.
Elvire AGOSSOU (Stag.)





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