Prix des produits de première nécessité : La Régulation, une aubaine qui cache des risques à éviter

25 mars 2022

Le consommateur béninois jubile. Depuis hier, le gouvernement a procédé à la régulation du prix des produits de première nécessité. Avec les réductions sensibles sur les tarifs antérieurement affichés dans les boutiques et autres quincailleries, l’optimisme quant à la traversée moins pénible de la période de cherté de la vie est de mise. Tellement, les consommateurs sont satisfaits de la dernière décision du gouvernement par rapport aux prix de certains produits et du ciment que la majorité des jouisseurs a tôt fait d’oublier qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Ceci, pour dire qu’au-delà d’une régulation, il faut forcément redynamiser les mécanismes de contrôle des prix sans quoi, face à l’inflation subie depuis des mois, le peuple n’est pas sorti de l’auberge. Car, devant l’option applaudie des gouvernants notamment les concessions relatives aux taxes et impôts sur certains produits, les commerçants véreux chercheront les formules de contournement.
Généralement, dans ce genre de situation, ils créent des pénuries artificielles afin que la demande l’emporte sur l’offre et que la surenchère s’installe. Et déjà, dans des localités du Bénin, la veille des agents contrôleurs de l’Etat a permis de repérer quelques boutiques et quincailleries qui ont choisi de jouer à ce jeu et de les amender ou de les fermer. Mais, pour l’instant, non seulement le contrôle ne couvre pas encore tout le territoire national mais surtout, les résolutions de fermeture des boutiques des commerçants véreux mettent encore à mal le consommateur qui se retrouve à cause de cet état de chose, sans le produit. Connaissant l’ingéniosité des tricheurs, il ne serait pas surprenant que des boutiques décrètent leur faillite et que derrière les portes closes ou dans la cachette des maisons, les produits soient livrés à ceux qui le veulent en catimini.
Ces exemples ne sont que des aspects des nombreux risques qui peuvent découler de la régulation. Ainsi, pour les minimiser, les gouvernants doivent insister sur la sensibilisation aussi bien des commerçants que des consommateurs. Le contexte économique difficile pour tous le nécessite. C’est pourquoi, il ne serait pas exagéré, qu’un numéro vert soit choisi afin que les populations puissent aider à la veille. Sinon, le ouf de soulagement du consommateur ne tardera pas à devenir un ouf de regret. Alors, prenons garde !





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