Rançonnement, absences non justifiées au Bénin : La Santé gangrénée, une thérapie globale s’impose

Angelo DOSSOUMOU 1er octobre 2020

Toujours les mêmes rengaines. De façon cyclique, des individus détenteurs de faux diplômes sont épinglés et virés de l’administration publique. Pour ce qui est du rançonnement, c’est une vieille pratique qui résiste au temps et qui n’épargne aucun secteur d’activité. Ces derniers jours, au-devant de l’actualité nationale, ce sont certains de nos hommes en blouse qui tristement font parler d’eux. Ainsi, il a été rapporté par les canards qu’un réseau de délivrance de faux diplômes en santé aux étudiants non qualifiés opérait et que dans certaines formations sanitaires, le rançonnement s’est érigé en règle et les autorités hiérarchiques après des investigations ont dû sévir dans deux d’entre elles. Quand on s’imagine que les soignants ont fait le serment d’Hippocrate et qu’au lieu de sauver de vies, ce sont les poches des patients qui les intéressent, alors la moindre des choses qui puisse arriver aux mis en cause afin de définitivement conjurer le mauvais sort qui frappe la profession, c’est le déshonneur et la déchéance.
Bien vrai que la réaction des autorités du secteur sanitaire n’a pas tardé. Mais, le rançonnement et les faux diplômes sont comme des microbes qui résistent aux différentes intempéries, climat et zones géographiques. Car si, visiblement, dans le secteur de la sécurité où il était le plus décrié, le rançonnement a pris du recul, dans le fond, il est loin d’être mort. Cela suppose qu’il continue d’exister et qu’à certains niveaux, c’est juste la stratégie qui a changé et il suffira d’un petit relâchement au plus haut niveau, pour que ce fléau revienne au galop.

L’anticipation, gage de sécurité
En ce qui concerne les faux diplômes dans l’administration, la thérapie appliquée n’a jusqu’ici pas endigué le mal. Déjà, il est certain que de ce subterfuge, plein d’agents ont usé pour se faire recruter et jouissent paisiblement aujourd’hui de leur retraite. Là, ce sont les agents de la santé et de la mairie de Cotonou qui se sont fait rappeler au souvenir de ceux qui pensaient que le plus dur est fait. Malheureusement, c’est un serpent de mer. Quelques actions d’éclat et après, le silence puis patatras, de nouveaux insoupçonnés épinglés et le réveil des autorités de leur sommeil.
En somme, un cycle infernal et le mieux à faire, c’est de mettre plus d’accent sur le contrôle des diplômes délivrés. Parfois, il est même authentique mais le détenteur est à l’antipode de la formation déclinée sur le bout de papier. Dans ces conditions, la thérapie doit être globale et l’union de toutes les compétences pour endiguer les maux ‘‘faux diplômes’’ et ‘‘rançonnement’’ ‘‘absentéisme’’ s’avère nécessaire. Car, autant le public en est victime, autant le privé peut l’être ou l’est même déjà. Et lorsqu’on évoque notamment des secteurs clé comme celui de la santé, cela ne peut donner que des frissons. D’où, l’urgence que les autorités compétentes mettent les moyens à disposition pour un assainissement en profondeur. Sinon, penser que la sévérité des sanctions est dissuasive, c’est se leurrer. Les velléités sont toujours présentes et l’anticipation sera toujours gage de sécurité.





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