Rapport sur l’état des lieux de Pterocarpus erinaceus : Levé de boucliers pour sauver le « Kosso »

Fulbert ADJIMEHOSSOU 9 octobre 2020

Très menacé, le bois rose communément appelé « Kosso » ou vène est dans une situation qui interpelle. Le rapport d’état des lieux sur cette légumineuse arborescente des forêts claires et savanes arborées réalisé et présenté ce mercredi à Grand-Popo en dit long. Et ceci, dans le cadre du Projet « Plan d’action et renforcement des capacités pour la gestion durable de Pterocarpus erinaceus » dont la coordination régionale est assurée par le Bénin. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le Kosso est depuis 2016 inscrit à l’annexe 2 de la Cites. « Sur cette base, le Bénin, le Togo et le Nigéria ont conjointement soumis un projet pour faire l’état des lieux. Parce qu’il est important que lorsqu’une espèce est inscrite à l’annexe 2 de la Cites de disposer d’un certain nombre de données pour voir si c’est possible de continuer le commerce et sur quelle base », a expliqué le Capitaine des eaux et forêts Ulysse Korogoné. Au Bénin, entre 2011 et 2016, d’importantes quantités de ce bois ont été exportées pour satisfaire au besoin du marché international, où le coût du trafic connaît une croissance vertigineuse. Ainsi, en présentant l’état des lieux, le Professeur Achille Assogbadjo, en sa qualité de consultant, met l’accent sur de fortes pressions anthropiques mais aussi des insuffisances du cadre réglementaire et institutionnel qui favorisent la vulnérabilité du bois de vène. Le dernier inventaire fait au Bénin remonte en 2008. Les densités ne sont pas suffisamment élevées et il manque d’indicateurs sur la consommation réelle de ce bois et son exportation vers l’Asie. « De 2013 à 2017, les volumes exportés sont au-delà des volumes obtenus d’où des problèmes de traçabilité. Ce sont des problèmes à régler. Les données relatives à la consommation ne sont pas disponibles. Il y a aussi la non maîtrise du mécanisme de reproduction », a-t-il martelé. Après un diagnostic approfondi, un plan d’actions a donc été élaboré et validé à cet atelier, pour, entre autres disposer de connaissances poussées sur l’espèce, et des données fiables sur l’exploitation. Un accent a été surtout mis sur la vulgarisation des résultats scientifiques. Pour le représentant du Directeur Général des Eaux, Forêts et Chasse, le lieutenant-colonel Justin Azankpan Dossou Justin, cette session servira de cadre pour apprécier la stratégie proposée et assurer la gestion durable.





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