Régulation des coûts des produits de grande consommation : la vérité du terrain

La rédaction 29 mars 2022

Quelques jours après la régulation du prix des produits par le gouvernement, c’est encore le statu quo dans les marchés. Impatients de voir le prix des produits revenir à la normale, les usagers se plaignent encore et exigent une descente musclée sur le terrain.
Malgré les prix des produits fixés par le gouvernement, la surenchère bat son plein à Cotonou et environs. Un tour dans quelques marchés de la capitale économique, et le constat laisse encore perplexe. Au lieu de 18.450 FCFA, le sac de riz importé de 50kg se vend toujours à 19.500 FCFA. Le spaghetti est passé de 300 Fcfa à 450 Fcfa. Quant à l’huile de coton, elle est à 1200 Fcfa au lieu de 1017. Par contre, le prix de certains produits est revenu à la normale. Il s’agit du Ciment, du Gazoil, du pain et de l’huile rouge qui se vendent respectivement à 75 000 Fcfa, 600 Fcfa, 125 Fcfa et 1000 Fcfa. Pour les usagers, cette situation est insupportable. « C’est vrai que les prix ont augmenté mais il y a des revendeuses qui exagèrent dans la vente. L’huile est à 1 200 le litre. Cette augmentation a fait qu’acheter à manger est un peu compliqué », déclare Jacqueline Abalo, responsable dans une structure de la place. Consolate Gokou, sage-femme à Kétou, ne sent pas l’effet des mesures sociales. « Pour le moment ce n’est pas encore réel. Les prix n’ont pas encore diminué. Ce matin encore, j’ai payé le pain à 150 f. il y a même des endroits ici où les gens vendaient du riz à 50 Fcfa en bonne qualité comme au village, mais actuellement il vaut mieux acheter pour 100 f. Même l’huile, c’est toujours à 1200 Fcfa le litre ». Pour les commerçants, il faut jouer la carte de la prudence et de la prévoyance au risque de tourner à perte. « Depuis une semaine j’ai dû prendre une pause parce que le livreur nous proposait 85 000 Fcfa pour la tonne de ciment, et nos clients ont refusé. Imaginez que nous ayons accepté ce prix, et aujourd’hui ça diminue à 75 000 Fcfa. Ce serait une perte. C’est un peu difficile de revendre ce ciment à ce prix aujourd’hui si vous l’aviez payé en début de semaine passée par exemple… », explique Déo-Gracias Anigbe, Gestionnaire-Comptable et Commerçante à Abomey-Calavi.

Urgence d’un contrôle !
Le Directeur de cabinet du ministère de l’industrie et du commerce Laurent Akpo, dans l’émission « 90 minutes pour convaincre » de radio Bénin, a fait savoir que les services de contrôle du ministère de l’industrie et du commerce dans tous les départements du Bénin ont, avant la prise des mesures du gouvernement sur les prix du ciment, fermé près d’une centaine de dépôts de ciment sur toute l’étendue du territoire national qui ont augmenté anarchiquement le prix du ciment. « Il y a environ une semaine, des points que nos directions départementales nous ont fait, on avait fermé sur tout le territoire près d’une centaine de boutiques de dépôts quand on a eu ces informations », a-t-il déclaré. Selon lui, les vendeurs de dépôts de ciment ont créé la spéculation exprès pour profiter de la hausse généralisée des produits de grande consommation. Ces derniers achètent le ciment au prix de l’usine, car ce prix n’a pas évolué. « C’est une pénurie qui a été organisée pour faire pression sur le gouvernement ». Au regard de ces inquiétudes, le gouvernement est appelé à maintenir la veille pour les commerçants véreux.





Dans la même rubrique