Représentativité des organisations estudiantines : D’une élection à une autre, les étudiants changent d’approche

Moïse DOSSOUMOU 3 août 2021

C’est une belle revanche. En trois ans, il faut croire que les choses ont changé. Au cours des trois prochaines années, seule la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb) aura voix au chapître. Les résultats définitifs issus des élections du 30 juillet dernier sont sans équivoque. La Fneb totalise 69,36% des voix contre 43,1% en 2018. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’en trois ans, cette faîtière a fait du chemin au point d’être préféré par les étudiants. Ces derniers l’ont démontré en jetant leur dévolu sur cette fédération au détriment des deux autres en lice. Contrairement à l’année 2018 où les étudiants étaient partagés entre la Fneb (43,1%) et l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (49,5%), cette fois-ci, leur verdict est sans appel. Ils ont préféré une seule organisation pour porter leur voix. Nul doute que les étudiants ont fait leur choix en toute connaissance de cause car disposant d’informations et d’éléments pertinents. Ces dernières années, ils ont certainement eu le temps de voir les deux organisations les plus représentatives à l’œuvre et ont pu comparer les stratégies, les actions et surtout les résultats. La balance a penché du côté de la Fneb, désormais seule au front.

L’Unseb, la désillusion
S’il est relativement difficile de prendre la tête d’une élection, il est par contre très difficile de conserver la première place. L’Unseb l’apprend à ses dépens. De 49,5% en 2018, elle se retrouve avec seulement 21,39% des voix en 2021. Une dégringolade que les responsables de cette organisation n’ont certainement pas vu venir. Souvent décriée à cause de la fermeté de ton et de la virulence de ses moyens d’actions, l’Unseb n’a pas réussi cette fois à passer la barre des 30% exigée par le décret 2017-485 du 2 octobre 2017 pour prendre part aux discussions avec le gouvernement et les responsables des universités publiques. Cette pilule difficile à avaler a tout l’air d’un désaveu infligé pour cette organisation, qui pourtant n’a de cesse de lutter pour un mieux-être des étudiants. Portée au pinacle il y a trois ans, elle devra descendre des nuages et faire face à la dure réalité. Qu’est-ce qui n’a pas marché pour que l’Unseb n’obtienne pas la faveur des électeurs ? Que reprochent les étudiants à cette faîtière ?

L’Uneb, le statu quo
Si la Fneb est restée dans une bonne dynamique au point de ravir la vedette à l’Unseb, on ne peut en à dire autant de l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb) dont la position n’a pas varié. De 2018 à 2021, cette faîtière n’a pas bougé d’un iota. Visiblement, ses responsables n’ont pas pu convaincre les étudiants qui ont préféré valider une meilleure offre. 9,25%, c’est le taux enregistré par l’Uneb au terme de ces élections. Un statu quo qui a tout l’air d’une régression. Ce second échec est une invite implicite des étudiants qui veulent sans doute voir les responsables de cette organisation mouiller davantage le maillot.
Au-delà de tout, c’est une grosse responsabilité qui pèse désormais sur la Fneb qui devra assurer et prouver qu’elle est capable de porter et de défendre les aspirations des étudiants auprès des décideurs. Trois ans, ça passe vite et si elle n’arrive pas à assumer, les étudiants sont capables de se tourner vers une meilleure proposition. L’Unseb en sait quelque chose.





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