Reprise de la circulation des mini bus au Bénin : Conducteurs et passagers soulagés, malgré le coût

Fulbert ADJIMEHOSSOU 3 juin 2020

Après deux mois d’arrêt de suspension de la circulation des mini-bus de transport en commun, ces derniers se retrouvent à nouveau sur les artères de Cotonou et environs. De nouvelles règles et de nouveaux tarifs accueillent les passagers.

« J’ai presque touché le fond. C’était ma seule source de revenus ». Jérémie nous résume ainsi ce qu’auront été ces deux mois de cessation d’activité. Quelques minutes avant de démarrer en trombe pour Akassato, il nous dit son soulagement de reprendre le volant. « C’est bien que l’Etat nous ait autorisé à reprendre maintenant. Ce n’est pas facile avec les conditions. Mais je crois que les clients essaient de nous comprendre aussi », confie ce jeune conducteur rencontré à Etoile Rouge.
La cessation d’activité du fait de la covid-19 a en effet eu d’impacts majeurs sur les revenus de ces conducteurs de la ville. Le gouvernement a décidé en conseil des ministres mercredi dernier de lever la restriction sous conditions.

Des passagers distants et masqués payent le prix
Pour nous en assurer, nous décidons de faire le voyage pour quelques minutes. A l’intérieur, les habitudes ont changé. Tous les passagers ont leurs masques. Le bus est est à moitié plein, comparativement à la période d’avant la Covid-19 où les bus sont fortement surchargés.
Edwige, étudiante à l’Université d’Abomey-Calavi se dit soulagée. « Maintenant, nous sommes soulagés parce que ça nous réduit le coût du déplacement pour nous qui quittons loin. Ensuite, avec le respect de la distanciation sociale, on est à l’aise. Ce qui n’était pas le cas auparavant. Les chauffeurs surchargeaient et dictaient presque leurs lois », a-t-elle déclaré. Mais il y a un coût pour ces changements d’habitude, les tarifs ont augmenté. Pour aller à Akassato, il faut débourser 400 francs. Bien qu’étant descendu au campus, Olivier, un autre étudiant a dû débourser 400 francs. « Par exemple, si vous quittez Calavi et que vous deviez descendre au Stade, on vous prend 300 francs contre 200 francs il y a quelques semaines. Nous sommes appelés à faire des sacrifices pour les places vides », explique un apprenti conducteur.
Sur les autres tronçons, comme Cotonou-Porto-Novo, le transport est passé à 800 francs contre 500 francs il y a quelques semaines. Les usagers ne s’en soucient pas vraiment. « C’est mieux que taxi 1000 F. Pourvu que les gens respectent effectivement la distanciation sociale », lance une dame, la cinquantaine, à bord de l’un des mini-bus garés à Tokpa.





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