Reprise des cours dans les écoles primaires : L’Epp Tankpè à l’épreuve du respect des gestes barrières

La rédaction 11 août 2020

Les apprenants des écoles primaires publiques comme privées du Bénin ont repris le chemin des classes depuis hier lundi. Ceci intervient dans l’intention de sauver l’année scolaire 2019-2020 suspendue jusque-là en raison du coronavirus. Décrétée par le conseil des ministres en sa séance du mercredi 6 mai 2020, cette décision prend corps à partir de ce lundi dans les écoles. A l’école primaire publique (Epp) de Tankpè, le respect des gestes barrière contre le coronavirus laisse à désirer.

 [1] d’écoliers, cris interjectifs et exclamations des enseignants. Du Cours d’Initiation (CI) au Cours Moyen 1ere année (CM1), les classes ont repris. Les écoliers de l’école primaire publique de Tankpè sont en classe avec leur attention focalisée sur l’enseignant. Au CM1/A, se déroule un cours de Français, en cette matinée du lundi 10 août 2020. Les écoliers sont assis sur les tables-bancs, à deux et suivent religieusement leur maîtresse. Dans cette salle, la distanciation est inquiétante. Les tables-bancs sont serrées, de même que les écoliers. Une situation que déplore Albert Adjagbodjou, Directeur du groupe A : « Les tables-bancs manquent. Nous sommes en train de meubler certaines classes avec de vieilles tables. Des classes en paillote ont aussi été dégagées parce que nous sommes en chantier. Ceci fait que nous avons jumelé des élèves de deux classes pour pouvoir dispenser les cours à tous. Ainsi, on ne pourra pas faire respecter la distanciation sociale ». Les dispositifs de lavage de mains sont quasi-inexistants. Seul un plastique gît dans la cour de l’école. 10h 30. C’est la récréation. Les écoliers sortent des salles de classe et affluent vers la cantine. Ils se groupent en foule inextricable autour des vendeuses. Parmi les apprenants, d’aucuns n’ont pas leur masque de protection contre la Covid-19 mais sont dans la masse et circulent. A cet effet, le directeur du groupe A invite le gouvernement à « pourvoir l’école des lots de masques de protection ainsi que des dispositifs de lavage de mains sans oublier des tables-bancs » pour acter le respect des gestes barrières.

Un niveau intellectuel en berne chez les apprenants
D’après le directeur, les apprenants sont revenus avec un niveau, en deçà de celui d’avant. La période de répit a fait chuter l’aptitude intellectuelle des enfants. Par rapport au programme à exécuter pour cette période restreinte définie par le gouvernement pour la finition des cours, Albert Adjagbodjou s’inquiète du niveau actuel des écoliers. A cet effet, une évaluation diagnostique est en vue pour les apprenants. « Ils seront soumis à l’épreuve diagnostique après la pause de 10 h 30 » précise Kpikpidi Fulberte, maîtresse de la classe de CM1/A.

Le doute de s’en sortir indemne
Si dans cette école, le respect des mesures barrières contre la Covid-19 laisse à désirer, il n’en demeure pas moins que cela constitue un vecteur de l’expansion du virus. Pour le directeur, cette reprise est une « exposition des écoliers et des enseignants à la Covid-19. Le gouvernement fait bien de sauver l’année scolaire mais là, notre vie en dépend…. ». Il trouve que si les universitaires ont été définitivement congédiés, combien il le faut encore pour des enfants, qui seraient encore plus exposés. Tout compte fait, le respect des gestes barrières doit être de mise au sein des écoles.
Gaston AMOUSSOU (Stag)





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