Respect des gestes barrières dans les restaurants : La tête dans les plats, les masques au repos

La rédaction 15 juillet 2020

En dépit des appels incessants au respect des gestes barrières, il y a des moments au cours desquels les Béninois sont tentés d’abandonner leurs masques. Dans certains lieux de restauration parcourus à Cotonou, en s’offrant leurs plats préférés, les usagers mettent les masques au repos.

La tête plongée dans le plat, le masque enfoui dans la poche, Enock oublie quelques minutes l’existence du Coronavirus. Ce client d’un des maquis situés aux encablures de l’Eglise Catholique de Mènontin s’en remet à Dieu, qui dit-il, veille sur lui. « C’est Dieu qui nous sauvera », confie-t-il. Tout comme lui, les autres clients venus se restaurer ne tiennent pas rigueur aux gestes barrières. Les uns ont fait de leur masque un collier, le temps de manger un plat de riz ou d’akassa. D’autres encore agglutinés autour de la table, tout comme la vendeuse ne l’ont pas porté. Interpellé, un d’entre eux, la quarantaine, rétorque. « Je ne crois même pas en l’existence de cette maladie. Si je porte parfois le masque au cours de mes déplacements, c’est parce que le Gouvernement en fait une obligation ».

Cinq minutes pour baisser la garde
Ici comme ailleurs, la tendance à la négligence est la même. Les dispositifs de lavage de mains dans les lieux de restauration reçoivent peu de visiteurs. Les masques sont soit rangés, baissés au menton soit déposés sur la table. Mais pour les plus consciencieux, une fois servis, ils s’installent dans la salle à manger en essayant de respecter la distanciation.
Cependant, au moment de déguster le repas, les barrières sont levées. « On essaie de respecter la distanciation. C’est la moindre des choses. Mais il est impossible de porter le masque et de manger. On aurait bien voulu mais ce n’est pas faisable », lance un client rencontré à Mènontin, avec un rire moqueur. Puis, il ajoute : « C’est en réalité pour cela que je veille en ce qui me concerne à respecter la distance avec les autres clients venus manger. Ce n’est que pour 5 minutes ».
Le Gouvernement n’est pas indifférent à cette banalisation de la pandémie de la Covid-19. Au cours du conseil des ministres du 8 juillet 2020, le ministre de la santé a noté qu’en dépit de la progression des chiffres, une partie de la population banalise le mal en n’observant pas les mesures de prévention prescrites. Le port obligatoire de masques en tous lieux ; le lavage systématique des mains à l’eau et au savon ; l’observance de la distance de sécurité sanitaire d’un (1) mètre au minimum entre personnes ; et autres gestes barrières ont une fois de plus été rappelés.
Mais au-delà de la Covid-19, il va falloir encore plus pour faire respecter l’hygiène sur les lieux de restauration. Vendeuses de riz, de bouillie, de beignets et autres n’en tiennent pas rigueur. Le repas fini, les gobelets disposés sur la table sont souvent utilisés à tour de rôle par la plupart des clients, laissant diffuser d’autres maladies comme l’hépatite.
Déo Gratias ATSUI & Fanelle SOTOMEY (Stag.)





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