Risques de consommation des alcools en sachet : Le Rotary prévient les jeunes et attire l’attention du gouvernement

Patrice SOKEGBE 16 janvier 2023


La consommation des alcools en sachet tue. Le Rotary tire la sonnette d’alarme. A travers une vidéo réalisée à cet effet, les clubs Cotonou doyen, Cotonou Marina et Cotonou Haie vive sensibilisent les jeunes béninois à ne pas se livrer à cette pratique et invitent le gouvernement à mettre en place une règlementation pour mettre fin à la commercialisation des alcools en sachets.
« L’alcool en sachet tue : le Rotary sensibilise les jeunes ». C’est le titre d’une vidéo de 7 minutes 56 secondes. La vidéo raconte le quotidien de ces jeunes qui se livrent à l’alcool tous les jours et ne peuvent plus s’en passer. Les raisons de la consommation des boissons alcoolisées en sachet diffèrent d’un consommateur à un autre.
Au Bénin, l’alcool en sachet court les rues. Il est présent sur tous les étalages. On le retrouve partout dans les boutiques surtout dans celles des divers. Il est présent aux abords des écoles, des centres d’apprentissage et universités. Il est aussi dans presque toutes les rues. La commercialisation est libre, le coût est bas et les jeunes en abusent, soulignent les initiateurs de cette sensibilisation. « Cela me fait du bien. Des fois, quand je prends ça, il me donne la force de bien travailler dans la journée », a déclaré fièrement un consommateur. « Quand moi je prends ces alcools en sachet, je me sens en pleine forme. Je délire. Je travaille bien pour trouver suffisamment d’argent », avoue un autre. Les conducteurs de taxi-moto communément appelé zémidjan ne sont pas non plus du reste. Ils en consomment régulièrement pour « garder la forme dans la journée ».
Les vendeurs ne manquent pas de faire l’éloge de leurs produits. « Je suis à la fois vendeur et consommateur. C’est de la nivaquine. Il guérit l’ulcère, le paludisme… », soutient un vendeur. Des affirmations graves que rejettent les professionnels de la santé. « L’alcool, c’est le cancer. Cancer de la gorge, cancer du sein, cancer du foie. L’alcool, c’est les tensions artérielles qui sont perturbées, l’alcool c’est les hémorragies cérébrales… », relève le cardiologue Dr Hervé Aïssi, lui aussi Rotarien. << avant 21 ans, le cerveau n’a pas fini sa maturation. Ainsi, « la consommation d’alcool à l’âge de l’adolescence va entraîner des dommages irréversibles à savoir, l’alcoolisme à l’âge adulte et entrainer des dommages comme des troubles psychologiques… ». a renchérit Docteur Chakirou Latoundji. D’ailleurs, l’alcool en sachet n’est pas contrôlé au Bénin et les conditions de fabrication sont déplorables. Ceci explique encore la gravité de sa consommation. Selon Sandra Idossou, citoyenne engagée pour l’environnement, le sachet est fabriqué à base du pétrole. A cela s’ajoutent « d’autres produits chimiques toxiques ». Ainsi, « quand le sachet est en contact avec de la nourriture, le sachet va transférer à cette nourriture ses composants nocifs donc, tout ce qu’il y a de toxique. Une fois qu’on le mange, c’est comme si on s’empoisonnait petit à petit », a-t-elle expliqué.
Pourtant, avant de mettre sur le marché toutes sortes de produits, il faut obtenir de l’État, l’autorisation de mise sur le marché. Elle est fournie par l’Abssa, précise Mabel Adékambi, productrice d’alcool local. L’Abssa avant de donner l’autorisation, vient vérifier l’unité de production et fait des textes d’analyse pour voir si le produit qui va être mis sur le marché est conforme aux normes nationales et internationales.
Le Rotary international notamment les clubs Cotonou Doyen, Cotonou Marina et Cotonou Haie vive estiment qu’il est temps de mettre fin à la commercialisation de ce produit. « L’objectif c’est que les jeunes arrêtent de consommer l’alcool en sachet. Il faudrait que cela cesse. Il faudrait qu’une règlementation soit mise en œuvre dans notre pays », a martelé Bilikis Assani, présidente du Rotary club Cotonou Doyen qui invite le gouvernement à supprimer la commercialisation de ces produits. « Les boissons alcoolisées ne doivent pas être vendues à des mineurs », insiste Dr Cédric Bigot, Rotarien club Cotonou Haie vive. Il a fait savoir que les commerçants qui ont dans leurs commerces des articles dont des boissons en sachet « portent atteinte à la réglementation et il est important qu’ils arrêtent de vendre ce produit qui est toxique et qui a également un impact sur l’environnement ».
Au nom des clubs initiateurs de cette sensibilisation, les présidents Bilikis Assani, Chakirou Latoundji, Saïd Maliki ont invité les populations notamment les jeunes, les adolescents, les ouvriers, artisans et manœuvres à une prise de conscience pour préserver non seulement leur santé, mais aussi pour protéger leur environnement. La vidéo réalisée est à retrouver sur les pages Facebook des clubs initiateurs.





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