Sécurité au travail dans l’administration béninoise : Talon ouvre un front contre le harcèlement

Fulbert ADJIMEHOSSOU 6 mai 2020

« Il faut que ça cesse ». Il ne l’a peut-être pas dit en ces termes. Mais pour qui connaît Patrice Talon, ses déclarations lors de sa rencontre avec les responsables de l’Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin (Ortb), certains membres de son Gouvernement et Angela Kpeidja ne sont pas loin d’être sévères. « Nous devons offrir les conditions idoines aux victimes afin qu’elles puissent se faire entendre, dénoncer leurs bourreaux pour que justice leur soit faite. C’est pourquoi le Gouvernement ne manquera pas d’engager des actions hardies en vue d’assurer une meilleure protection aux femmes afin de les encourager à briser la loi de l’omerta », lance-t-il sur sa page Facebook.
En réalité, tout est parti le 1er mai, d’un post de la journaliste spécialisée des questions de santé Angela Kpeidja, qui dénonce le harcèlement dans son milieu de travail. En décidant de rencontrer les responsables de l’Ortb, le Chef de l’Etat lance un signal et rassure, en attendant que la lumière soit faite sur cette affaire qui défraie la chronique depuis quelques jours. « Je me suis intéressé au sujet, convaincu que de nombreuses femmes béninoises, dans le cadre de leur travail, peuvent être sujettes à ces pratiques répréhensibles. En effet, dans la société moderne que s’emploie à bâtir au quotidien notre Gouvernement avec l’ensemble du peuple béninois, les pratiques liées aux harcèlements, aux violences basées sur le genre, ne doivent pas avoir droit de cité et ne doivent pas rester impunies », insiste Patrice Talon.

Au-delà de l’Ortb
Des mesures hardies sont attendues. Mais elles ne concernent pas que l’Ortb. En ligne de mire, c’est l’administration béninoise dans sa globalité qui est concernée. Et comme pour annoncer les signaux, dans son message lors de la Journée Mondiale de la Sécurité et Santé au Travail, la ministre Adidjatou Mathys avertit. « Je voudrais d’ores et déjà vous rassurer que l’environnement législatif interne béninois, déjà riche de deux textes à savoir la loi n° 2006-19 du 05 septembre 2006 portant répression du harcèlement sexuel et protection des victimes en République du Bénin et la loi la loi n° 2011-26 du 09 janvier 2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes sera bientôt renforcé par la ratification de la convention 190 sur le harcèlement et la violence en milieu de travail adoptée par l’OIT », a-t-elle souligné.
Il est attendu sur les lieux de travail des systèmes complets de gestion de sécurité et santé au travail en incluant l’évaluation et le contrôle des risques psychosociaux, y compris l’interaction avec la violence et le harcèlement. Aucun corps de métiers ne devra être épargné dans la bataille contre le harcèlement. « Certains lieux de travail et certaines professions sont plus exposés que d’autres à la violence. Il s’agit des personnels du service de santé, des points de ventes au détail qui restent ouverts tard dans la nuit, des enseignants, des assistants sociaux, des domestiques. Les femmes sont particulièrement menacées étant donné qu’elles sont très nombreuses dans ces professions à risque », fulmine Adidjatou Mathys. Un nouveau jour se lève contre le harcèlement sexuel au Bénin. Les Organisations de la Société Civile s’en mêlent. La balle est sans doute dans le camp des victimes et de la justice.





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