Seedy Njie, vice-président de l'Assemblée nationale de la Gambie : « Le contrôle civil démocratique de la sécurité, une priorité »

Moïse DOSSOUMOU 13 décembre 2022

En marge de la conférence internationale tenue à Dakar les 6 et 7 décembre 2022 autour du thème : « prévention et sécurité : les défis de la sécurité de voisinage et communautaire en Afrique », le vice-président de l’Assemblée nationale de la Gambie et président de la Commission Défense et sécurité dudit parlement a partagé son expérience sur le rôle que les parlementaires doivent jouer dans la promotion de la sécurité de proximité.

Chargés d’élaborer les lois, les parlementaires représentent les citoyens et expriment leurs opinions dans les processus décisionnels. En qualité d’élus du peuple, ils veillent également sur le contrôle de l’action gouvernementale. Ils occupent donc une place de choix dans la vie d’une nation. « Les parlementaires peuvent jouer un rôle important dans la prévention des menaces en promouvant la bonne gouvernance par un contrôle efficace et en assurant le bon fonctionnement des institutions démocratiques », a-t-il déclaré en substance. Il précisera par la suite que « les parlementaires ont l’obligation de veiller à ce que la sécurité individuelle et collective soit assurée conformément à la volonté du peuple. Cela exige également que les institutions du secteur de la sécurité se soumettent au contrôle parlementaire, qui est l’un des principaux moyens qui permet de vérifier que les acteurs de la sécurité respectent le mandat qui leur est confié ».
Devant des experts venus de divers horizons, le parlementaire gambien a rappelé que « la bonne gouvernance nécessite l’existence d’un parlement fort, efficace et efficient » avant de souligner que dans une nation, « le parlement joue un rôle crucial pour représenter le peuple, mais aussi formuler ses attentes et ses aspirations. En tant qu’organe de contrôle, il aide à identifier les problèmes et les défis politiques qui nécessitent une attention particulière ». Dans son exposé, il a insisté sur le fait que les députés sont des acteurs clés dans la promotion de la sécurité. « Pour une bonne sécurité dans un pays, il faut que le secteur de la sécurité soit soumis à un contrôle civil démocratique grâce à un cadre juridique solide qui permettra de définir le rôle de chaque entité, tout en limitant l’usage de la force et du pouvoir politique par le gouvernement », explique-t-il.
Il est plus que jamais convaincu que partout dans le monde, les organes législatifs restent et demeurent le fondement des démocraties représentatives. C’est pourquoi, souligne-t-il, « les parlementaires ont un rôle crucial à jouer dans l’élaboration des politiques publiques. Ils doivent tenir compte des besoins et du bien-être des populations. Car, comme nous le savons tous, la pauvreté est une menace pour la sécurité ». Il a par ailleurs exhorté les parlementaires à faire en sorte que les droits des minorités soient protégés pour minimiser l’extrémisme violent qui pourrait menacer la paix et la sécurité sur le continent. « Les parlements et les gouvernements africains partagent la responsabilité d’avoir un secteur de sécurité qui fonctionne bien. Ces deux parties ne doivent pas être considérées comme des adversaires. Au contraire, elles ont besoin l’une de l’autre pour aboutir à une politique de sécurité efficace », a-t-il indiqué.
De l’avis du vice-président Seedy Njie, les parlementaires peuvent contribuer à l’amélioration des performances du secteur de la sécurité en utilisant leurs pouvoirs pour contester, remettre en question, annuler ou modifier le niveau des ressources allouées à la sécurité dans le budget national. Pour illustrer ses propos, il soutient que les élus disposent de pouvoirs pour exiger que des ressources soient allouées à certains besoins de sécurité publique, demander aux ministres ou aux responsables de la sécurité de rendre compte de dépenses spécifiques ou exiger que les dépenses soient limitées à des objectifs définis.





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