Sortie frauduleuse des intrants agricoles Les avertissements des autorités

La rédaction 24 mai 2022

Point de presse conjoint MAEP et DGPR ce lundi 23 mai 2022 à la salle de conférence du Ministère de l’Agriculture au sujet des tentatives de sorties frauduleuses des engrais agricoles du territoire national :

Mot introductif du Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Cossi DOSSOUHOUI :
« A la faveur de toutes les contraintes endogènes et exogènes que nous avons eues, il a été nécessaire à l’État et aux acteurs de mettre la main à la poche pour soutenir la production, surtout l’acquisition des intrants, des engrais particulièrement.
Quelques 54,5milliards ont été nécessaires pour que le prix des engrais soit au niveau de 14 000 FCFA le sac. C’est important de rappeler que la filière coton, la filière la plus organisée dans notre pays, a pris le devant dans cette opération. L’interprofession a payé ainsi que les égreneurs sur la base de ce qu’ils devaient prendre comme leurs bénéfices pour soutenir la filière. Le reste, l’Etat a renoncé à un certain nombre de subventions, de redevances et de taxes pour contribuer à solder les 54, 5milliards de FCFA.
Si cela est fait, c’est pour donner de la chance à nos producteurs cette année de saisir le marché régional très demandeur, en plus de ce que nous avons comme demande interne pour récolter et gagner tous les acteurs à la production. C’est pour éviter la pénurie alimentaire, soutenir la sécurité alimentaire et faire gagner chaque producteur qui va utiliser ces intrants.
Je rappelle en substance qu’aucun des pays qui nous entourent, n’a pu couvrir ses besoins en intrant. Le Bénin a pu le faire au profit des agriculteurs béninois.
Le 20 avril, au moment où nous adoptions la communication relative à ces subventions, on a bien noté que c’est au profit des agriculteurs béninois. Et après, nous avons sorti un communiqué conjoint signé des ministres en charge de l’Agriculture, de l’Intérieur, de la Décentralisation et du Commerce pour dire que toute sortie de ces produits reste une infraction à la loi. Les produits sont destinés aux Béninois. Nous en avons parlé au niveau des médias de proximité, des télés et surtout des médias digitaux pour que nul ne dise, je n’ai pas été informé. Malgré cela, il se fait que des gens animés de mauvaise foi pour mettre à genou l’économie du Bénin sont tentés de faire sortir ces intrants ».

Extrait du message du DG de la Police républicaine
« (…..) Je voudrais par ailleurs, préciser que l’introduction de pesticides frelatés est interdite sur notre territoire. Nous invitons alors les populations à nous accompagner pour faire échec à ces fraudeurs. La Police républicaine veille, l’Etat veille. Les contrevenants subiront la rigueur de la loi. Les agents civils et les forces de l’ordre ne doivent en aucune manière s’introduire dans cette manœuvre frauduleuse. Je reprécise, tous les agents civils, militaires et lorsque je parle de militaires y compris les policiers, les douaniers, tous les éléments de force de l’ordre ne sont pas autorisés à s’impliquer dans cette manœuvre frauduleuse. Dans le cas où ils s’impliqueraient dans cette manœuvre frauduleuse, ils subiront les rigueurs de la loi. Dans tous les cas, l’Etat veille ».

Avertissement du Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Cossi DOSSOUHOUI
« C’est notre économie que quelques vils individus cherchent à saboter. En l’espace d’un mois seulement, près de 400 tonnes d’engrais sont en instance de départ. Combien a pu partir par des voies déguisées ? C’est Dieu seul qui sait. Avant qu’on ne fixe les prix des engrais, certains ont déjà commencé par trafiquer à la faveur de passage de tel magasin à tel autre, et les engrais sont entreposés dans les villes frontières et n’attendent qu’à être sortis. De toutes les façons, toutes ces choses sont bien suivies par la Police républicaine, par les citoyens eux-mêmes et nous veillons.
Si nous arrivons à utiliser consciencieusement et correctement ces engrais sur la production, notre pays va gagner en notoriété, en sécurité. Parce que la première sécurité, c’est celle du ventre. Nous saurons non seulement produire, pour couvrir nos besoins domestiques mais nous allons pouvoir placer ces produits sur les marchés. Il vaut mieux aller gagner son fruit à ce moment que de vouloir nous pénaliser pour ne pas pouvoir produire suffisamment et servir le marché très demandeur. Ceux qui s’adonnent à cette activité sont en train de mettre le pays à genou. Car, si nous avons une insuffisance de production, nous aurons des poches de disettes et le ventre affamé n’a point d’oreilles. Là où les gens n’ont pas à manger, il n’y a pas autre chose qui tienne. Les conséquences sont fâcheuses.
C’est pourquoi je vous invite à utiliser les numéros verts 113 et 166 pour que l’information passe ; pour informer, renseigner et rester dans l’anonymat pour agir. Je saisis l’occasion pour féliciter tous ceux qui ont aidé les forces de l’ordre à appréhender ce trésor du Bénin qui est en train d’être expatrié. Ce n’est pas normal.
Dans tous les cas, ceux qui ont transporté comme ceux chez qui ont payé, ils savent ce qui les attend. Mais tous les ouvriers de l’ombre de cette sale besogne, civiles ou forces de l’ordre, exposent leur vie et leur carrière. Et ce ne serait plus comme avant. Nous allons le faire avec l’énergie qu’il faut et décourager à jamais ces velléités de faux. Dans tous les cas, les camions arraisonnés sont dans le circuit des traitements qu’il faut, et je crois qu’on va le faire pour décourager à jamais ces manœuvres.
Je nous invite à plus de vigilance, à être plus patriotes, à reconnaître l’effort des uns et des autres pour que notre pays retrouve le chemin de la prospérité pour que tous les citoyens béninois se sentent fiers d’avoir contribué à une économie forte. Oui, c’est le moment pour notre pays de monter en puissance en matière de production, de productivité. Et c’est en utilisant les facteurs de production que nous allons gagner le pari.
Opérateurs économiques, rentrez dans les commerces les plus légaux. Le commerce des intrants agricoles déjà acquis au profit des producteurs vers les autres pays n’est pas autorisé et aucun de vous n’a de papier pour cela.
Quant aux intrants frelatés, même si les prix qu’on nous propose sont plus bas que les prix des intrants homologués ici, vous courez le risque de baisser la productivité, de développer les parasites et de leur faire acquérir une résistance au point où même quand on va utiliser les autres intrants, ces derniers ne pourront pas les attaquer convenablement. La perte est double pour vous tous. Vous ne gagnez pas et allez faire davantage les autres, même s’ils étaient des facteurs légaux. C’est pourquoi si un opérateur a besoin de vendre un produit, qu’il entre dans le circuit normal d’homologation et nous allons faire tous les tests agronomiques qui ne durent même plus, pour que le produit soit homologué et qu’il puisse vendre au niveau de son pays. Dans tous les cas, nous veillons aux grains ».





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