Sortie massive des vivriers du territoire national : La flambée des prix des denrées alimentaires s’accentue

Angelo DOSSOUMOU 31 janvier 2022

Beaucoup de soucis à se faire. Pour plusieurs raisons et spécifiquement celle relative à l’achat des produits alimentaires, le cœur du consommateur béninois n’est pas toujours à la joie. Car, chaque jour que Dieu fait, les prix flambent dans les marchés et le panier de la ménagère se vide inexorablement. En effet, depuis plusieurs semaines, pour faire les emplettes, il faut rallonger la popotte habituelle. A titre d’exemple, l’huile rouge pourtant un produit local a doublé de prix. Désormais, au lieu de 500 F pour avoir le litre, il faut débourser 1000 F. Il en est de même de l’huile d’arachide dont le prix reste coincé à 1200 F. Quant au riz produit au Bénin, le Kilogramme est à 800 F. Le maïs, céréale indispensable pour la pâte locale, aliment de base tourne actuellement autour de 300 F. Le gari, jadis étiqueté repas du pauvre est à 400 F le Kilo tandis que le Tapioca est à 700 F. Ceux qui aiment prendre des omelettes au petit déjeuner doivent faire l’effort de compléter la prévision de madame puisque le plateau d’œuf qui était à 1700 F coûte à présent 2400 F voire 2500 F.
Malgré ces hausses du prix des denrées alimentaires même celles localement produites et un pouvoir d’achat qui faiblit chaque jour, le consommateur a beau se plaindre, il ne peut pas se fâcher contre la faim. D’où, il est obligé de se saigner financièrement pour se nourrir et faire vivre sa petite famille. D’ailleurs, bien s’alimenter n’est pas un luxe. C’est une nécessité fondamentale en amont de la bonne santé et de la productivité des citoyens. Seulement, plusieurs raisons sont à la base de cette flambée des prix des produits alimentaires qui écœure les populations. Déjà, il est à noter que la croissance démographique est réelle au Bénin et donc, qu’il y a plus de bouches à nourrir. Du coup, la culture des produits alimentaires devrait suivre une dynamique très progressive.

Exportation, pénurie et flambée des prix
Malheureusement, elle n’est pas conséquente en fonction de la demande et en plus, plusieurs autres facteurs viennent plomber la résolution de l’équation de la disponibilité des denrées alimentaires à des prix raisonnables. Primo, pour ce qui est des produits récoltés au Bénin, il se constate de façon insistante, la sortie massive des vivriers du territoire national. Dans la logique de gagner plus, les producteurs des vivriers vendent leurs récoltes aux plus offrants et généralement, il se trouve que les meilleurs acheteurs viennent du Niger et du Nigeria. Ainsi, la pénurie des denrées alimentaires s’ensuit et la flambée des prix tombe sur les têtes pour mieux les traumatiser. Secundo, il y a un désamour plus que flagrant de la jeunesse d’aujourd’hui pour les activités champêtres. Conséquence, en dépit des terres cultivables disponibles, des vallées enviées au Bénin, il y a moins de bras valides pour l’agriculture et peu de champs cultivés. Hélas ! Lesdits bras valides préfèrent au travail de la terre nourricière, la conduite de Zémidjan dans les grandes villes. Et, si des dispositions idoines ne sont pas prises, cette triste réalité risque de ne pas changer. Bien au contraire.

Tout est réuni pour la famine !

Ce qui est certain, à ce rythme, beaucoup de ménages se trouveront, d’ici peu, dans l’incapacité de se nourrir. C’est même un secret de Polichinelle que très peu de Béninois arrivent, avec cette flambée des prix des denrées alimentaires et la cherté de la vie, à s’assurer les trois repas journaliers. Avec le manque d’argent, le prix des aliments hors de portée, il serait difficile d’avoir de la nourriture dans les plats du moins assez suffisamment pour calmer la faim et atteindre les 1 600 à 2 900 Kilocalories nécessaires par jour pour chaque membre du ménage. Conclusion, lentement mais sûrement, on s’achemine vers une sous-alimentation du plus grand nombre au Bénin avec des répercussions qui ne peuvent qu’être négatifs pour le développement du pays quel que soit le secteur où ces mains d’œuvre interviendront.
En somme, l’heure est grave. Ventre affamé n’a pas d’oreille et la flambée des prix des produits vivriers est un casse-tête sur lequel les gouvernants doivent peser de tout leur poids afin de trouver des solutions aux consommateurs. S’il n’est pas indiqué d’imputer cette fois-ci, la faute de la flambée des prix à dame nature alors, cela suppose que tous les autres aléas dépendant des comportements humains peuvent être résolus par l’Exécutif qui a pour vocation d’assurer le bien-être des gouvernés. De toute façon, les choses ne peuvent pas rester en l’état. Il faut agir et le plus tôt serait le mieux.





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