SUBVENTION DU PRIX DE L’ELECTRICITE : Une augmentation de 5% endossée par l’Etat au profit social ?

La rédaction 10 décembre 2019

C’est un acte de haute portée sociale posé par le gouvernement de Patrice Talon. La subvention de la hausse du prix d’électricité engendrée par les réformes au niveau de la société d’énergie électrique du Bénin (SBEE). C’est du moins ce qu’on peut retenir à l’issue du dernier Conseil des Ministres où le gouvernement a adopté un nouveau plan tarifaire sur l’électricité et la mise en place d’une subvention au profit des populations. Cette mise sur agenda traduit la volonté de l’Exécutif d’améliorer la gouvernance du sous-secteur de l’électricité et le fait qu’il en fait une préoccupation majeure.
Visiblement soucieux de soulager les populations, le gouvernement a, en approuvant ce nouveau plan tarifaire, décidé de mettre en place une subvention au profit de ces dernières en payant la différence de prix engendrée par ledit nouveau plan tarifaire qui tient son origine des frais payés contre les réformes. Un nouveau plan tarifaire logiquement indispensable après certaines études menées afin de permettre à la SBEE de fournir à ses clients de l’énergie en qualité, de façon continue et surtout de garantir son équilibre financier.
A première vue, cette mesure sonne comme un soulagement des populations à faibles bourses ou à faible pouvoir d’achat. Pour preuve, en 2018, la SBEE a enregistré un statu quo entraînant une augmentation de 5% à opérer entre 2019 et 2020 d’une part, et une autre de 10% entre 2020 et 2021. Malgré cet état des lieux que dressent les études, le gouvernement opte pour le social en laissant de côté les exigences du Programme du Bénin pour le Millenium Challenge Account conclues en 2015. Avec cette nouvelle décision issue du Conseil des Ministres, Talon et son gouvernement affichent leur volonté de ne pas faire endosser le fardeau de la qualité et de l’expertise aux consommateurs. En acceptant de prendre en charge l’augmentation, les autorités ont ainsi tenu compte des efforts consentis par les usagers et ont pris en compte les recommandations des consultations engagées avec l’Autorité de Régulation de l’Electricité auprès des populations.

Une mesure sociale mais fragile à l’économie énergétique…
Si on est unanime sur le fait que le nouveau plan tarifaire comporte de nombreuses mesures dont la diminution du coût des branchements pour tous les niveaux de tension et l’amélioration de la qualité de ses services, la prise en charge de la hausse du prix par l’Etat paraît surprenante et pourrait peser sur les recettes de la SBEE.
Plus loin, le nouveau plan permet le maintien sans changement de tarif de la première tranche domestique soit les 20 premiers kilowatts, la revue à la baisse des devis d’extension établies au profit des consommateurs, la réduction de moitié du coût de cession de matériel aux clients, soit 15 % de majoration contre 30% actuellement.
Avec cette panoplie de mesures, l’on se demande comment l’Etat compte combler le déficit que pourrait engendrer ce nouveau plan tarifaire dans un contexte où les recettes douanières et fiscales sont en baisse avec la fermeture des frontières ?
Vu que le gouvernement est rigoureusement engagé dans le social, la mise en œuvre de la mesure n’est pas impossible avec l’accompagnement des partenaires techniques et financiers surtout les performances attendues de l’institution avec sa gestion déléguée.
Il faut saluer la mesure sur le plan social sans pour autant se réjouir de son aspect technique sur le plan commercial en ce qui concerne les recettes de la SBEE. L’autre volte-face auquel on peut s’attendre, est le paiement par les consommateurs si l’Etat le juge nécessaire après les résultats de la gestion déléguée.
Clément O. ATCHADE





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