Tabaski 2022 à Porto-Novo : La cherté dicte sa loi

Karim O. ANONRIN 8 juillet 2022

Aliou est un jeune musulman, un habitant de Porto-Novo et n’a pas encore acheté son mouton pour la Tabaski jusqu’à ce jeudi 7 juillet 2022 alors que la fête est prévue pour le 9 juillet sur toute l’étendue du territoire national et même dans le monde entier. « Dieu seul sait si je vais pratiquer le rituel cette année », confie t-il. Pour lui, la faute est aux prix exorbitants pratiqués sur le plus grand marché de moutons sur le site de Djèrègbé dans la Commune de Sèmè-Podji. « Les vendeurs de moutons venus du Niger, du Burkina Faso ne semblent pas faire de bonnes affaires. Les clients viennent, mais beaucoup repartent sans acheter. C’est mon cas. Vous choisissez un mouton dans l’espoir qu’avec 50.000 Fcfa, vous pouvez l’acheter. Mais le vendeur vous dit que ça coûte 130.000Fcfa et vous soumet à un marchandage à n’en point finir », poursuit Aliou. « Lorsque tu reviens à Porto-Novo et que tu tentes ta chance, c’est pire », ajoute t-il. Effectivement, il n’y a pas que sur le site de Djèrègbé qu’on peut acheter les moutons pour la Tabaski.
Dans la ville de Porto-Novo, il y a plusieurs points de vente tenus par des particuliers qui ne sont pas des éleveurs, mais des revendeurs. Ils vont se procurer sur le marché principal de la région de l’Ouémé ; c’est-à-dire le site de Djèrègbé. Des terrains de sport des écoles, des carrefours, des abords de voies et de maisons ou tout autre espace visible par les usagers en circulation dans la ville sont pris d’assaut par les revendeurs de moutons. Ces derniers sont pour la plupart des clients privilégiés des vendeurs venus du Burkina Faso, du Niger et de quelques régions septentrionales du Bénin. Dès que les camions déchargent à Djèrègbé, ils se positionnent pour acheter des moutons en gros et à des prix sensiblement abordables comparativement aux pris auxquels les fidèles musulmans achètent ces mêmes bêtes. Kowiwou, originaire et résident de Porto-Novo est l’un de ces revendeurs. « Nous achetons les moutons en lot de dix, vingt, voire 30 têtes. Au moyen de camionnettes et de tricycles, nous les transportons vers nos points de vente à Porto-Novo. Le mouton que vous pouvez prendre à 90.000Fcfa chez un vendeur Burkinabè ou Nigérien, nous l’achetons à 75.000Fcfa. Tout dépend de la taille et de la morphologie de la bête. Nous le revendons parfois à 100.000Fcfa ou à 90.000Fcfa si vous savez bien négocier. Les clients qui ont de l’argent et qui ne veulent pas se tracasser pour aller jusqu’à Djèrègbé viennent vers nous. On s’en sort malgré tout », a-t-il confié. Ces marchés de vente de moutons s’animent jusqu’à 48 heures voire 72 heures après le jour de la Tabaski puisque le Musulman dispose de quatre jours pour observer cette obligation de l’Islam sous certaines conditions, au même titre que la profession de foi, la prière, le jeûne et l’aumône.





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