Théophane HOUNDELO, Coordonnateur de la Fénavdes-Bénin : « Il faut se préoccuper de l’hygiène dans nos écoles »

Fulbert ADJIMEHOSSOU 29 janvier 2021

Les questions d’hygiène méritent une plus grande attention dans le secteur éducatif. La Fédération Nationale des Vendeuses de denrées alimentaires des établissements scolaires du Bénin s’en préoccupe d’ailleurs. A travers cette interview, le coordonnateur de ladite fédération Théophane Houndélo, parle de la situation et fait un plaidoyer.

Pourquoi une Fédération nationale des associations des vendeuses de denrées alimentaires des établissements scolaires du Bénin (Fenavdes-Bénin) ?
Cette fédération est née pour permettre à ses membres que sont les vendeuses de denrées alimentaires dans les établissements scolaires de prendre leur destin en main. Nous voulons participer effectivement et positivement à la vie de l’école en tant que quatrième acteur, dans une synergie d’action avec les autres acteurs. Nous voulons veiller surtout en notre propre sein sur les questions de l’hygiène et la qualité des aliments que nous vendons aux apprenants pour leur éviter les maladies. C’est aussi, comme toute autre association, un creuset pour défendre les intérêts matériels et moraux des membres en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie et d’exercice de leurs activités. Voilà pourquoi la fédération a été portée sur les fonts baptismaux à la faveur de son congrès constitutif le 19 septembre 2020 au chant d’oiseau à Cotonou.

Quelle est votre regard sur la situation de l’hygiène dans ces établissements ?
La situation n’est pas trop reluisante. Cette problématique interpelle l’ensemble des acteurs .Or, force est de constater que souvent tout le tort est rejeté sur les vendeuses alors que c’est plutôt tous les acteurs qui doivent œuvrer pour une très bonne hygiène à l’école. Ce qui n’est pas le cas le plus souvent. Le cadre scolaire, à plusieurs endroits, est insalubre : pas de réfectoire propre, les toilettes sales dégageant souvent des odeurs nauséabondes avec parfois des vendeuses qu’on installe juste à côté de ces toilettes pour vendre aux apprenants. On manque d’eau potable des fois et il y a le défaut d’un système pour une gestion rationnelle des ordures. La situation sur le plan d’hygiène est peu orthodoxe.

Que faites-vous déjà pour corriger le tir à votre niveau ?
Afin de garantir une bonne hygiène et une meilleure qualité des aliments vendus aux apprenants, la fédération, à travers son Bureau Exécutif National a mis en place un programme de veille permanente. Des contrôles sont faits pour garantir, avec rigueur, le respect des normes d’hygiène. Les membres sont aussi sensibilisés par des Animatrices de la fédération qui sont sur le terrain. Les anomalies sont corrigées au fur et à mesure.

Qu’attendez-vous des autres acteurs, notamment l’Etat ?
Nous attendons beaucoup de l’Etat. Les frais de visite médicale sont trop élevés. La fédération souhaite un assouplissement desdits frais de la part de l’État baisse et une harmonisation d’un département à un autre. Cela éviterait que les médecins pratiquent des montants exorbitants et donc éviterait les difficultés des vendeuses à payer ces frais. De même, que l’État supprime à partir d’une note les droits de place que les chefs d’établissement ont institués et qu’ils prennent auprès des Vendeuses scolaires avec parfois des menaces. Cela soulagerait beaucoup les vendeuses et éviterait les stress qu’elles vivent et pourrons mieux améliorer les aliments vendus aux apprenants. Nous voulons que l’Etat nous accompagne par la construction de réfectoires dignes pour éviter aux vendeuses d’être contraintes de vendre sous les arbres ou près des latrines. Nous voulons être désormais impliquées dans les questions de l’école en tant que quatrième acteur. L’État doit aussi appuyer la fédération dans son fonctionnement car il s’agit de la cause des apprenants.

Votre mot de fin
Je tiens à vous remercier infiniment pour cette opportunité. Cela honore la Fenavdes-Bénin. Nous invitons tous les chefs d’établissements à nous faciliter la tâche dans l’accomplissement de nos actions auprès de nos membres sur le terrain. C’est dans une synergie d’action que nous pourrons agir pour le bien des apprenants. La Fédération n’est pas née pour défendre que les intérêts de ses membres. Elle compte se battre pour garantir le respect, par ses membres, d’une bonne hygiène de vie et une bonne qualité des aliments vendus aux apprenants pour la bonne santé, gage de la réussite scolaire.
Propos recueillis par Fulbert ADJIMEHOSSOU





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