Transactions d’argent via les réseaux Gsm : Une activité florissante à la merci des escrocs

La rédaction 21 janvier 2020

Avec l’avènement des TIC, envoyer ou recevoir de l’argent devient facile. L’activité de transactions d’argent via les réseaux Gsm en vogue est même devenue une source d’emplois pour de nombreux jeunes à Cotonou et environs. Mais c’est tout aussi risqué, quand on manque de la moindre attention.

Quelques secondes de distraction suffisent pour tout perdre. Mener des transactions financières via les réseaux Gsm est pour Juliette A., un risque permanent. Pour avoir été victime, cette opératrice qui avait sa boutique à Akassato l’a appris à ses dépens. Aujourd’hui, elle est à nouveau désœuvrée. « Je suis actuellement à la maison à ne rien faire. Le client n’avait pas de compte et voulait qu’on lui fasse un dépôt sur mon numéro pour qu’il puisse retirer. C’était 195.000 Fcfa. Après l’opération, j’ai reçu le message qui confirmait le dépôt. Il me pressa de lui remettre les sous, disant qu’il avait un rendez-vous. C’est à l’instant où je devais envoyer l’argent sur la Sim marchande que j’ai constaté qu’il n’y avait même plus un rond sur mon compte. Le message de confirmation était un faux message. Je me suis plainte mais j’attends toujours la suite de l’enquête », se désole-t-elle.
En réalité, les activités de transactions via Mobile Money et Flooz prolifèrent dans presque toutes les rues. C’est quasiment devenu une banque de proximité où les usagers peuvent déposer leurs économies comme faire des retraits pour régler des urgences. En dehors de la vente des recharges téléphoniques, beaucoup de jeunes profitent pour s’auto employer. « Non seulement tu es le patron mais tu donnes l’opportunité à d’autres jeunes de travailler pour subvenir à leurs besoins. En associant la vente de crédit d’appel tu agrandis donc ton entreprise », souligne Christiane Awanou, gérante d’une boutique à Houèto.

Vols, Faux billets, ….
Ces entreprises sont très souvent de cabines grillagées ou des boutiques vitrées. Mais cela n’empêche pas les arnaqueurs de voler, surtout quand l’affluence devient importante. « J’ai servi un client qui m’a fait croire qu’il voulait prendre un porte-Bic en perle. Très heureuse, le temps de me lever pour lui prendre l’objet, mon sac a disparu avec les sous, alors que je pensais l’avoir mis en lieu sûr. Il avait déjà filé avant que je ne m’en rende compte », témoigne une victime à Mènontin. Piégés, ces agents se retrouvent aussi bien souvent avec de faux billets. « Ces clients malintentionnés font d’abord le sondage des lieux. Surtout quand ils constatent que c’est un nouvel employé, ils attendent le moment où il sera seul pour opérer. Ils peuvent arriver, munis d’une importante somme d’argent contenant un faux- billet. Quand tu n’arrives pas à le détecter, ils sortent tous les faux billets qu’ils avaient réservés pour l’occasion. Vous n’aurez qu’à constater les dégâts après », confie Arsène un agent mobile money. Ivonne, responsable d’une agence à Tokpa a été aussi victime des faux billets. « J’ai reçu un client qui voulait faire un transfert de 200 000 FCFA que j’ai pris le temps de vérifier. Quand j’ai voulu commencer l’opération, il m’a dit qu’il venait de recevoir un sms de celui à qui il envoyait l’argent qui a demandé de ne plus faire l’opération. A peine avait-il fait quelques mètres qu’il reçut un appel téléphonique. Il revient sur ses pas et me tend les billets soit disant que le destinataire avait changé d’avis. L’ayant préalablement vérifié, je pris juste le temps de compter les billets sans m’assurer si les billets étaient cette fois ci toujours bons. Ce fut la plus grosse erreur de ma vie.

Hypnotisés…
En dehors des faux-billets, les messages d’accusé de réception sont parfois falsifiés. D’autres semblent hypnotiser leurs victimes de sorte qu’ils ne puissent pas se rendre compte très tôt de leur forfait. « Ils étaient venus dans ma boutique puisque je suis une chrétienne fervente. Après leurs différentes révélations, je me suis senti concernée. Ils m’ont remis une bible et m’ont dit de prendre la route que la première personne que j’allais rencontrer serait ma tante. Après quelques minutes de marche sans avoir rencontré ma tante, je me suis rendu compte que j’avais tout laissé à leur portée. A mon retour, ils avaient tout pris », confesse Emilie, gérante d’une boutique non loin du carrefour St Michel.

« Quand il y a d’affluence, ils t’embrouillent »
Les cambriolages et les agressions ne manquent pas non plus. Malgré ces différents risques les tenanciers de boutiques mobiles money se battent pour se sortir de la misère, des difficultés financières. « On est jamais assez habile dans cette activité. Parfois, c’est quand il y a d’affluence qu’ils viennent, ils t’embrouillent et c’est après leur départ que tu t’en rends compte. Soit ils attendent le soir quand on est fatigué », regrette Eunice Kotan, une gérante. En dehors des arnaqueurs, les mauvaises manipulations du téléphone constituent également des freins à ce métier. Les problèmes de connexion accentuent parfois les transactions erronées. « Parfois je fais des retraits d’argent et ça affiche échec or l’opération a réussi. Il arrive aussi tu ajoutes ou retranche un chiffre au montant que tu veux envoyer. Soit c’est le numéro qui est mal écrit. C’est une question de vigilance à plein temps », ajoute-t-elle. Ce n’est donc pas aisé de mener de pareilles activités, mais aujourd’hui elles sont plus que nécessaires.
Emma AWONON (Stag.)





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