Transformation de tomate, Une urgence ignorée

Arnaud DOUMANHOUN 25 août 2020

Faim zéro à l’horizon 2030. Ce défi est immense. Le Bénin sera-t-il au rendez-vous de l’histoire ? L’horizon paraît sombre surtout quand on sait que depuis juillet 2018, le rapport final de l’examen stratégique national faim zéro au Bénin, transmis au chef de l’Etat, révèle clairement en ce qui concerne la gestion de la production agricole et des activités post-récoltes, un niveau trop élevé des pertes post-récoltes. Depuis, l’eau a coulé sous le pont, sans la mise en œuvre d’une politique adéquate, pour relever le double défi de stockage de transformation. Ainsi, à l’instar de certains produits agricoles, le Bénin n’arrive pas à tirer assez de devises de l’or rouge, en dépit d’une production de plus de 70.000 tonnes par an. La tomate devient un fardeau à la fois pour producteurs, commerçants et consommateurs. Un drame qui se joue sous le régime du nouveau départ alors que des progrès ont été réalisés dans maints secteurs.
Dans le cadre du Programme de promotion de la mécanisation agricole (Ppma), l’usine de transformation de Kpomassè, d’une capacité d’environ de 3.000 tonnes par an n’a pas comblé les attentes. Mieux, en raison du non fonctionnement de cette infrastructure érigée à grands frais, le Conseil des ministres a décidé le 29 juillet 2020 de sa cession. « Une mission du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche, a permis de dénombrer plusieurs unités de transformation en souffrance dans certains départements. De ce fait, la réalisation des objectifs poursuivis à travers leur installation est compromise », a-t-on lu dans le Conseil des ministres, qui a aussi fait observer que l’état des lieux indique que la plupart de ces infrastructures pourraient être récupérées après une rénovation ou une réhabilitation. A juste titre, le gouvernement a marqué son accord pour leur cession.
Mais à quand des résultats probants ? C’est la question qui taraude dans la tête des Béninois. Pourquoi la volonté politique traîne-t-elle autant les pas dans un secteur si vital pour l’économie nationale ? A quoi ont servi les recommandations du rapport final de l’examen stratégique national faim zéro au Bénin à l’horizon 2030 ?
La thérapie est à portée de main. Et le progrès vers la réalisation de l’ODD 2, pour l’élimination de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition au Bénin n’est pas une fatalité. Au nombre des 10 axes stratégiques lus dans le rapport transmis au président Patrice Talon, il est bien mentionné : « le développement des stratégies globales de réduction des pertes post-récoltes ». Les cadres ont fait leur boulot, la balle est dans le camp des décideurs.





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