Transport Universitaire : Ça coince dans les bus malgré la Covid-19

La rédaction 27 avril 2021

Les bus du Centre des Œuvres Universitaires et Sociales de l’Université d’Abomey-Calavi sont toujours surchargés, malgré le contexte de pandémie. Impossible de respecter la distanciation. Les étudiants souffrent le martyre.

Dans la ville, ces bus se laissent distinguer facilement. Ils accrochent par les couleurs nationales qu’ils arborent mais aussi et surtout par la surcharge qui les caractérise. Chaque voyage est pour les usagers un calvaire. Celui de ce midi du jeudi 15 avril 2021 en est un pour les dizaines d’étudiants regroupés sur chaque ligne de départ. « Je quitte Pahou tous les jours et ne pouvant pas assurer le transport chaque fois, j’ai décidé d’attendre à la fin des cours pour prendre le bus universitaire mais les gestes barrières ne sont pas du tout respectés, excepté le port des masques de protection. Mon seul souci est juste de rentrer dans le bus même s’il n’y a pas de siège », confie Diane Houessou, étudiante en deuxième année de la Faculté des Sciences Humaines (Fash).
En effet, avec 100 FCFA, les étudiants résidants loin de l’Université peuvent se payer le transport pour se rendre au cours. Il suffit de se rendre aux points de ralliements le plus proche de la maison. Ce fut un principe depuis toujours, mais le flux des étudiants ne cesse d’accroître pendant que le parking ne fait que vieillir.

Quatre étudiants pour deux sièges

Selon les témoignages, pour 48 places assises, une centaine peut réussir à monter à bord. La situation devient plus complexe quand il y a panne. La surcharge est donc devenue la norme, faute de bus suffisant pour faire face au flux d’étudiants sollicitant le transport universitaire.
Au campus d’Abomey-Calavi, il n’y a que 6 lignes disponibles mais une ligne fait déjà défaut. « Quatre personnes s’asseyent sur deux sièges alors que les sièges ne mesurent même pas un mètre. Je n’ai vraiment pas d’autre choix que de m’adapter à cette condition », se plaint Ambroise, un étudiant rencontré sur l’une des lignes de départ.
L’image projetée dans la ville en circulation par ces bus n’est pas digne d’une grande université. « Quand nous sommes en circulation, les gens se moquent de nous. D’autres prennent nos photos…tout le monde sait que nous sommes en danger. C’est vraiment difficile ce que nous vivons en ces derniers temps. Peut-être qu’il y a déjà eu plusieurs cas de contamination sans qu’on ne le sache », fustige Pierre, étudiant en linguistique.

Oubliés, malgré la Covid-19

Les étudiants ont bien l’impression d’avoir été oubliés dans le secteur du transport. « Depuis un petit moment, plus personne ne pense à nous. C’est difficile. Nombreux sont les bus qui sont en panne. Nous souffrons vraiment. Parfois, certains font des crises et nous sommes obligés de nous arrêter pour les emmener à l’hôpital », confie Nainou Digo, Coordonnateur de la Ligne 1.
Avant la Covid-19, la situation était déjà pareille. Avec la Covid-19, les peines s’intensifient. Le Bureau de la coordination des comités des lignes (Bccl) accentue désormais ses activités sur la prévention pour faire face aux risques de contamination. « Désormais, le nombre d’étudiants voyageurs est limité à 100 étudiants par bus. Mais quand un bus doit charger deux lignes, le nombre est limité à 120 étudiants », déclare Joël Tchokpo, Président du Bccl.
En ce qui concerne les gestes barrières, continue-t-il, « nous avons organisé trois séances de sensibilisations dans le but d’attirer l’attention de nos camarades sur le port des masques, le lavage des mains à l’eau et au savon ainsi que l’utilisation des gels hydro alcooliques. Dans l’exercice de sa mission, la directrice du centre des œuvres universitaires et sociales est informée des difficultés que nous rencontrons. Puisque nous faisons part de nos difficultés au président de la fédération nationale des étudiants du Bénin qui à son tour rend compte à l’autorité ». En attendant, le miracle tant espéré, les derniers bus démarrent en trombe, dandinant sous le poids de la surcharge. A l’entrée du campus universitaire, ils sont par contre nombreux les étudiants à préférer les minibus, payant trois fois plus le coût pour être à l’aise.
Virginie SADOHOUNME (Stag)





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